« Avant j’étais une écolo tranquille, aujourd’hui je flippe »

Inspirés par Gandhi, Act Up ou Keny Arkana, de plus en plus de jeunes décident de se former à la désobéissance civile.

Le point commun entre faucher des plants de maïs OGM et lancer des poches de sang sur des laboratoires ? La désobéissance civile. Ils sont une cinquantaine à être venus le 10 avril suivre la formation dispensée par Greenpeace, Alternatiba et ANV-COP 21 à Paris en vue de l’action programmée le 19 avril : « Bloquons la République des pollueurs ». Assis en rangs dans une salle aux murs verts, les aspirants désobéissants prennent des notes avec application. « On a un peu plus de 1 000 inscrits pour l’action du 19, se félicite Nicolas, d’ANV-COP21. Depuis la démission de Nicolas Hulot, fin août, on forme à la pelle à la désobéissance civile. Il y a toujours quarante à cinquante personnes par session. »

La sociologue SylvieOllitrault(1),confirme cet engouement : « Il y a une multiplication de groupes qui revendiquent le recours à la désobéissance civile, surtout chez les moins de 30 ans. Cette tendance se répand très vite avec les réseaux sociaux. » En France, selon elle, l’écologie est à la source de cette pratique avec la lutte du Larzac, lancée en 1971 contre l’extension d’un camp militaire dans l’Aveyron. Aujourd’hui, mouvements féministes, antiracistes et même identitaires se tournent vers ce mode d’action.

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« Il y a une défiance vis-à-vis de la politique représentative, explique Philippe Mangeot, ex-président d’Act Up, association de lutte contre le sida qui s’est illustrée dans les années 1990 par des actions spectaculaires. Au début d’Act Up, on pensait que la politique n’était possible que dans la conflictualité. Aujourd’hui, les gouvernements martèlent que ce n’est pas la rue qui gouverne. Les jeunes qui ne leur trouvent aucune légitimité cherchent d’autres formes de lutte que la grève ou la manifestation. »

« J’avais 12 ans la première fois que j’ai entendu parler de désobéissance civile. C’était dans une chanson de la rappeuse Keny Arkana », se souvient Victoria en prenant une pause après un diaporama très dense sur la non-violence. Léo, 26 ans, avait déjà fait quelques manifs. Mais, s’il a sauté le pas pour venir se former ce soir, c’est grâce aux Femen. « Quand j’ai vu les images de leurs blocages sur Internet, ça m’a marqué, explique-t-il. J’ai décidé de faire pareil. » La plupart sont des primo-activistes. C’est le cas d’Antoine, un étudiant de 22 ans au visage poupin : « J’ai étudié Martin Luther King et Gandhi au lycée, mais c’est en voyant 120 battements par minute[film de Robin Campillo sur les actions d’Act Up, NDLR] que je me suis dit que j’étais prêt à faire ça pour le climat. »

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