Dossier : L'équation macroniste : militant = délinquant

Macron, chef du chœur liberticide

« Voyous », « factieux », « foule haineuse »… Par ses mots, le Président rabaisse ceux qui le contestent et exonère à l’avance les violences policières contre eux.

Le gouvernement affirme défendre le droit de manifester, mais les macroniens n’aiment pas les manifestants. Singulièrement les gilets jaunes. Dans ses vœux aux Français, le 31 décembre, Emmanuel Macron ne voyait déjà plus dans les protestations du samedi que des « foules haineuses ». Un mois plus tard, le président de la République livrait à cinq journalistes politiques, conviés par lui à l’Élysée, sa vision de ce mouvement inédit : « Quelques dizaines de milliers de militants actifs » d’extrême gauche et d’extrême droite, expliquait-il, pilotent et récupèrent les manifestations des gilets jaunes les samedis, afin de « provoquer une crise de régime ». Le chef de l’État estimait être confronté à « 40 000 à 50 000 militants ultras qui veulent la destruction des institutions ». Pas moins.

Comme on accuse de la rage le chien qu’on veut abattre, Emmanuel Macron peint un mouvement social en ennemi de l’intérieur et justifie ainsi l’emploi contre lui de moyens répressifs disproportionnés. Le chef de l’État peut bien juger « inacceptable » d’entendre une jeune agricultrice bio l’interpeller sur la « répression » visant les gilets jaunes, un terme qui « ne représente pas la réalité (1) », les faits sont têtus. Depuis le début de ce mouvement, les chiffres officiels arrêtés au 24 mars dénombrent 2 200 blessés, 8 700 gardes à vue, 1 796 condamnations… 433 signalements ont été déposés à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), qui a ouvert 180 enquêtes, 38 autres étant confiées à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). Du jamais vu sous la Ve République.

Cette répression sans précédent sera bientôt renforcée par l’adoption d’une loi dite « anticasseurs », jugée liberticide par les organisations de gauche et nombre d’associations de défense des droits de l’homme, qui évoquent, elles, un texte « anti-manifestants ». Emmanuel Macron, qui a fait transposer dans le droit commun les mesures sécuritaires de l’état d’urgence, conférant à l’exécutif des pouvoirs exorbitants, et fait adopter une loi asile-immigration qui instaure un droit de seconde catégorie pour les migrants et entrave le droit d’asile, n’en a cure. Il invoque même devant des élus du Grand Est, le 26 février, une responsabilité collective absente de notre droit : « Il faut maintenant dire que, lorsqu’on va dans des manifestations violentes, on est complice du pire. » Tout en dédouanant l’exécutif de sa responsabilité dans les bavures des forces de l’ordre : « C’est un miracle qu’après autant de samedis avec cette violence il n’y ait eu aucun mort à déplorer de la part des forces de l’ordre », a prétendu le Président.

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