Notre-Dame des larmes

À bien y réfléchir, c’est plutôt nous qui sommes collectivement les mécènes de Pinault et Arnault.

Notre-Dame brûle et on prend soudain, brutalement, la mesure exacte (y avait-on jamais pensé ?) de ce qui s’incarnait là, de ce qu’il y avait aussi de profondément intime dans cette grande présence, et on pleure d’abord de tristesse. Puis cet accablement devient du dégoût, puis de la colère enfin quand des sagouins (1) fondent sur ses restes encore fumants pour s’y reconstruire une image. Comme Emmanuel Macron, président de la République française, qui a plongé le pays dans l’« une des crises sociales les plus fortes de ces dernières années (2) » et qui, toute honte bue, profite de la catastrophe pour tenter de « reprendre la main sur un agenda devenu insaisissable » et de « transformer un drame en opportunité (3) ».

Ou comme ces deux milliardaires (parmi quelques autres) qui soudain rivalisent de générosité. Les grandes douleurs sont muettes ? La leur est tapageuse lorsqu’ils exhibent leurs bienfaisances (4) : quand l’un (François-Henri Pinault) promet cent millions d’euros pour la reconstruction de la cathédrale, un autre (Bernard Arnault) renchérit dans l’instant et s’engage, lui, à donner deux cents millions. Et la presse les ovationne, conquise par tant de bonté(s).

Il reste 62% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Le goût subtil de la gentrification

Société
par ,

 lire   partager

Articles récents