Devoir de mémoire

L’« islamisation » est, comme le « grand remplacement », une fantasmagorie – un mythe, construit d’abord par l’extrême droite conspirationniste, et dont l’entretien alimente dans l’opinion une défiance permanente à l’égard des musulmans.

De belles âmes s’emploient, depuis plusieurs années, à normaliser l’usage, dans le débat public, de formules directement prises dans le vocabulaire de l’extrême droite.

C’est d’abord le concept – un bien grand mot – de « grand remplacement (1) » qui a ainsi été adoubé par le journaliste Éric Zemmour et par un philosophe dont nous tairons le nom.

Lesquels ne font preuve, en l’espèce, d’aucune espèce d’originalité et recyclent en vérité une très ancienne divagation, puisqu’en 1893, déjà, un prosateur nationaliste – et antisémite –, Maurice Barrès, déplorait que « le sol français » soit « envahi pacifiquement par des étrangers », puis déclamait, cinq ans plus tard, en 1898, qu’il convenait de « protéger les nationaux contre cet envahissement (2) ».

Et, depuis quelque temps, un autre mot – « islamisation » –, pioché dans le même imaginaire, est lui aussi banalisé par des clercs médiatiques qui ne sont plus seulement, comme Zemmour, des réactionnaires patentés, mais tout aussi bien des journalistes considérés comme très comme il faut.

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