Un peu de vert… et beaucoup de rouge

En meeting à Paris jeudi soir, le communiste Ian Brossat a insisté sur le volet écologiste de son programme pour les élections européennes.

Agathe Mercante  • 17 mai 2019
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Un peu de vert… et beaucoup de rouge
© Photo : CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

Souriant, détendu, soulagé… il y a longtemps que l’on avait pas vu Pierre Laurent, ex-secrétaire national du PCF en pareille forme. Et pour cause : la liste portée par Ian Brossat pour les élections européennes du 26 mai prochain semble enfin décoller et fait renaître chez les militants l’espoir de voir rester au Parlement européen des élus du PCF.

« Un grand journal communiste, Les Échos, nous donne à 4 % d’intentions de vote et parle d’un “effet Brossat » », indique l’animatrice, dont la voix résonne dans l’enceinte du gymnase Japy, salle mythique pour la gauche, où le Parti communiste français donnait un meeting le jeudi 16 mai. Un soulagement pour les militants, qui enchaînent les porte à porte et qui s’étonnaient, face à l’accueil reçu, de voir leur candidat plafonner à 2 % d’intentions de vote. « Enfin ! Enfin un sondage nous donne un score qui ressemble à ce que l’on sent sur le terrain », admet l’un d’entre-eux.

BIOcheviks

Jeudi, devant un peu plus d’un millier de personnes, ils ont insisté sur les mesures écologistes de leur programme. Baptisé « Red is a new green », le meeting de Ian Brossat a été l’occasion de les présenter, parfois gauchement. « Il faut taxer les multinationales car elles sont responsables de 70 % de la pollution émise en Europe », a déploré Nico Cue, président du Parti de la gauche européenne et « Spitzenkandidat » des communistes pour la Commission européenne.

Dans une longue intervention, le secrétaire national du parti, Fabien Roussel, n’a pas parlé que d’écologie. Exil fiscal, dumping fiscal, social, abstention, transports… le remplaçant de Pierre Laurent a tout de même trouvé quelques minutes pour verdir son discours : « Nous ne sommes pas des écologistes en peau de lapin », a-t-il prévenu. Avec sa verve naturelle, il a rappelé : « Nous sommes des écolococos, des BIOcheviks ! »

L’humain et la planète d’abord

Autre ton, autre discours. Quand la tête de liste du Parti communiste s’avance sur la scène, la salle est survoltée. Ian Brossat commence par rappeler son action d’adjoint à la mairie de Paris : « Nous nous battons pour les classes populaires, pour les logements sociaux », et a détaillé longuement les mesures sociales qu’il souhaitait porter à Bruxelles : l’humain d’abord.

« Mais le deuxième pilier de notre programme, c’est la planète d’abord ! », a-t-il rappelé. Et d’estimer qu’« être authentiquement communiste, c’est être profondément écologiste ».

Sondages en hausse, militants rassérénés… « Le vent semble souffler dans notre sens », se félicite un militant. Autant d’éléments semblent porter les communistes vers une (petite) victoire. Reste cependant à gagner ces quelques voix qui leur manquent pour atteindre la barre des 5 % nécessaires pour se maintenir à Strasbourg. Et pourquoi pas aller les chercher chez les écologistes ? C’est du moins une porte que les communistes, jeudi soir, se sont refusé à fermer.

Politique
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