« Hors la loi », de Pauline Bureau : avant Veil

Pour sa première création à la Comédie-Française, Pauline Bureau revient sur le procès de Bobigny (1972), étape majeure vers la légalisation de l’avortement.

La construction du genre en général, féminin en particulier, est pour Pauline Bureau l’objet d’une réflexion de longue date. Depuis Modèles (2010), fruit d’une écriture collective, la comédienne et metteuse en scène explore ce riche sujet. Imaginant pour chaque création un processus de travail singulier, elle utilise l’espace scénique afin de dire la grande diversité d’expériences, de trajectoires qu’englobe le mot utilisé pour désigner toute une moitié de l’humanité. Après Mon cœur (2017), où elle aborde le scandale du Mediator à travers la figure de la lanceuse d’alerte Irène Frachon, c’est à un combat plus ancien qu’elle s’intéresse dans Hors la loi, sa première création à la Comédie-Française. Celui de Marie-Claire Chevalier, qui avorte clandestinement en 1971 à l’âge de 16 ans, et de l’avocate Gisèle Halimi, qui fait du procès de la jeune fille un événement dans l’histoire du droit des femmes.

« Pour toujours j’ai 15 ans. » Dès ces premiers mots prononcés à mi-voix, Martine Chevallier nous plonge dans le passé de sa presque homonyme. De la même génération que son personnage, la comédienne s’est approprié le témoignage recueilli par Pauline Bureau afin de « redonner du vivant à ce qui a été ».

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