Mémoires vivantes de Palestine

Dix-huit hommes et femmes témoignent de la Nakba dans un ouvrage mêlant textes, photos, cartes et rappels historiques.

Il y a ces visages empreints de gravité. Mais surtout le regard, qui en dément l’apparent apaisement. Les yeux semblent guetter, au-delà de l’objectif, le souvenir d’un monde englouti et interroger tout autant les pensées de qui les croise. Dix-huit femmes et hommes témoignent de la Nakba, « la Catastrophe », comme le peuple palestinien a intitulé la création de l’État d’Israël en 1948, qui a définitivement fracturé leurs vies. Les plus jeunes ont 75 ans, le plus âgé 93. La guerre les a fait fuir, jusqu’à l’exil et la perte de leurs terres, de leurs maisons, de leurs biens. C’est une litanie de tragédies et de douleurs, mais sublimées et tenues à distance par une capacité toute palestinienne de résilience – al-sumûd.

Rushdieh al-Hudeib était gamine quand sa famille a échappé de justesse au bataillon de Moshe Dayan venu massacrer les villageois de Dawaimeh. Il y a aussi Michel Sabbah, premier patriarche palestinien de Jérusalem ; Souleyman Hassan, cultivateur d’oliviers qui réclame sa terre devant les juges israéliens ; Halima Mohammad Mustafa, qui fait le rêve récurrent du al-’awda – le retour –, entretenant ce qu’il reste de la mémoire du temps d’avant ; Feissal Darraj, apatride depuis soixante-dix ans à la vie « confisquée » ; Ilham Abughazaleh, devenue une conscience intellectuelle, qui incarne à elle seule la force de caractère d’un peuple obstiné à « rentrer à la maison ».

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