Dossier : Demain on mange quoi ? Les nouveaux plats de résistance

Scandalisés, fauchés, végés…

L’alimentation non carnée séduit de plus en plus les jeunes. Avec des motivations qui s’additionnent : la sensibilité à la cause animale, l’adhésion écologique, les contraintes budgétaires.

Pour Juliette, un déclic s’est produit un jour à l’heure du thé. Elle affectionne les mugs à vache, son « animal préféré ». Étudiante en biologie à Rennes, elle a beaucoup fréquenté la Normandie de ses grands-parents. Une amie observe la tasse : « Moi, je n’en mange pas. » Juliette connecte. Et lui revient le dilemme d’une camarade de primaire : « Je ne peux pas aimer les animaux et puis les manger ! » Puis, au lycée, une jeune Allemande végane* qui interpellait la classe, « très gentille, pas agressive, mais sincèrement scandalisée par l’élevage industriel ». Juliette réfléchit, s’informe. Mais pas avec les vidéos de l’association L214. « Je suis trop sensible… » Elle réduit sa consommation de chair animale. « Et puis j’ai compris que je ne voulais plus avoir le moindre lien avec ces meurtres de masse que sont les abattages d’animaux d’élevage. Un jour, il y a trois ans, chez mes parents, j’ai dit “non, je n’en mange plus”. »

Valériane, c’est les poules. « Des animaux de caractère, et pas idiots du tout, vous savez ! » Fille de la campagne, près de Bourges, elle a donné des prénoms aux gallinacés du poulailler familial. À Pout-Pout, sa « boule de plumes » préférée, elle a appris « des tours de cirque. Elle me cherche, se perche sur mon épaule et s’y endort ». Chez Valériane, père restaurateur, dépeceur de moutons et chasseur, la viande trône à table.

La vie estudiantine parisienne, dans les métiers de l’art, se charge de lui faire rencontrer ses premiers camarades végétariens*. « On discutait de tas de sujets. » Le climat, l’agroalimentaire… « Sur quinze élèves, la classe comptait trois végétariens. En fin d’année, nous étions sept ! » Sa conversion date de l’été 2016. « Du jour au lendemain. J’étais seule à la maison, mes parents en vacances. » Elle se rappelle ses premières courses. « Mes amis m’avaient parlé des steaks végétaux. J’ai surtout bourré mon sac de légumes ! »

Fin 2018, 20 Minutes est allé titiller l’adhésion des jeunes au traditionnel repas de Noël : 5 % des 18-30 ans se déclarent végétariens, 1 % vont jusqu’au véganisme. Et 27 % se disent flexitariens*. Et la tendance semble explosive : selon un sondage Diplomeo (2017), 47 % des 16-25 ans se disent disposés à manger moins de viande, dont un sur dix se verrait même un jour végétarien ou végane.

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