Le Brexit, toute une histoire

Deux spécialistes de la civilisation britannique remettent en perspective la crise actuelle, qui prend racine sous l’ère Thatcher.

À suivre le feuilleton vaudevillesque qui agite Westminster, et à voir la gesticulation clownesque de Boris Johnson, on en viendrait presque à oublier que la crise actuelle vient de beaucoup plus loin. Le mérite de l’ouvrage publié ces jours-ci par deux universitaires spécialistes du Royaume-Uni, Emmanuelle Avril et Pauline Schnapper, est de nous ramener aux causes profondes du Brexit. Si les « Brexiters », Boris Johnson et le leader ultra-droitier Nigel Farage en tête, sont bien les opportunistes et les démagogues que l’on sait, ils ne font que prospérer sur une situation dont les responsables historiques sont Margaret Thatcher et son successeur travailliste, Tony Blair, ainsi que leurs héritiers. La première parce qu’elle a dévasté la société britannique par une politique ultralibérale qui a ruiné les services publics, creusé les inégalités et envoyé dans la grande misère des régions entières des Midlands et du pays de Galles ; le second parce qu’il a tué l’espoir en continuant la politique de Thatcher, alors que le positionnement historique de son parti pouvait laisser espérer un redressement social. C’est le crime historique du New Labour.

Entre 1985 et 1995, sous les gouvernements Thatcher et Major, le successeur immédiat de la Dame de fer, «les 10 % les plus pauvres de la population britannique virent leur revenu baisser, tandis que le revenu net des 10 % les plus riches augmenta », notent les essayistes. Si cette tendance, loin d’être propre à la Grande-Bretagne, a pris ici la dimension d’une catastrophe sociale, c’est en raison, nous disent Avril et Schnapper, de la place de la finance dans l’économie britannique.

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