Des espèces d'arbres français et européens menacées de disparition

L'Union internationale pour la conservation de la nature décrit une situation consternante pour l’avenir et la (bio)diversité des espaces forestiers.

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Après avoir averti les autorités politiques sur les dangers encourus par la planète avec la rapide disparition des insectes, des oiseaux et des mammifères, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) vient de publier un grave avertissement à propos des arbres européens – un aspect qui n’avait pas encore été étudié. Les spécialistes de la faune et de la flore de l'UICN – organisme créé en 1948 en France et qui regroupe des chercheurs et des représentants des gouvernements – dressent un bilan consternant pour l’avenir et la (bio)diversité des espaces forestiers. L’espace boisé français est particulièrement concerné puisque qu’il couvre 31 % de l’hexagone. Ce chiffre masque que cette forêt est en partie dégradée et morcelée, ce qui la rend plus sujette aux maladies, aux coupes clandestines et au mauvais entretien, ainsi qu’aux errements de l’Office national des forêts.

42 % d'espèces menacées

Pour les 454 espèces présentes sur le continent européen, 42 % des espèces « sont considérées comme menacées avec un risque d’extinction ». Pour celles qui sont réputées « endémiques », c'est-à-dire qui ne poussent qu’en Europe, la menace se monte à 58 % tandis que 15 % sont considérées comme étant en « danger critique ».

En cause, le réchauffement climatique, les maladies et les parasites qui se transmettent d’un pays ou d’un continent à l’autre, les coupes effectuées sans études préalables et sans précautions, la modification des écosystèmes, l’étalement urbain non contrôlé et les incendies, même sur des espaces réduits. Et il ne faut pas négliger non plus les effets dévastateurs de l’introduction d’espèces exotiques qui colonisent les espaces libres quand ils s’échappent des jardins et des parcs. Parfois avec leurs cortèges de maladies et de parasites.

Un arbre ne peut pas se sauver

Parmi les espèces les plus menacées, les trois quarts des 170 espèces européennes de sorbiers pourraient disparaître au cours des trente prochaines années. Tout comme les marronniers, qui sont décimés par la mineuse, un insecte venu des Balkans il y a quelques années. Il ne faut pas oublier que si une espèce d’orme a totalement disparu et si 25 000 arbres vénérables ont dû être abattus le long du canal du Midi, c’est qu’ils ont été contaminés par une maladie incurable venue d’ailleurs. Un sort qui menace silencieusement des centaines d’espèces.

Contrairement à la plupart des animaux, les arbres ne peuvent pas « s’enfuir » pour éviter des prédations et la progression des effets du changement climatique. Car pour fuir l’augmentation des températures, un arbre ne peut guère compter sur les semences qu’il disperse pour survivre. En effet, la fuite de certaines espèces comme les chênes ne représente qu’une centaine de mètres par an. Cela ne suffira pas pour les sauver d’une lente disparition.


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