Greta, le grand flip climatique

La diatribe de Greta Thunberg aux Nations unies lundi 23 septembre marque un vrai basculement.

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Jusqu’à ce lundi 23 septembre, Greta Thunberg suscitait une forme d’admiration condescendante au sein de la gente dirigeante à l’échelle planétaire, massivement mâle, occidentale et dont l’âge dépasse nettement les 16 ans de l’adolescente suédoise. Jusque-là, les cercles du pouvoir l’admettaient avec le sentiment de se rallier une porte-voix utile à leur communication : voyez, nous écoutons ces jeunes, nous qui répétons combien nous sommes mobilisés pour lutter contre le dérèglement climatique.

Greta, dont le prénom suffit désormais, n’avait déjà pas la langue dans sa poche. Mais ce lundi 23 septembre, sa diatribe contre l’oligarchie réunie aux Nations unies lors d’un énième sommet sur le climat, marque un vrai basculement. « Comment osez-vous prétendre que vous agissez ? »

Greta n’est plus la caution blonde. La gamine à nattes est habitée par une colère viscérale, elle a planté ses dents dans les mollets. Et les cris d’orfraie poussés en réplique par une intelligentsia (occidentale) outrée ne visaient pas l’échec pitoyable de ce sommet de l’ONU (dont personne n’a parlé…), mais la figure « irrationnelle », « illettrée », « louche », « ridicule », « sadique », « fanatisée » et même « totalitaire » (lire l’édifiante somme recueillie par Samuel Gontier sur telerama.fr) de celle qui disait… Qui disait quoi ? Simplement que les dirigeants du monde ne sont pas à la hauteur de l’alarme matraquée par les scientifiques. Dont deux rapports récents annoncent l’accélération du flip climatique, comme on disait aux débuts du Giec (lire Politis du 20 janvier 1989, en accès libre sur Politis.fr). Et que donc le système doit changer.

C’est là que Greta les fait vraiment flipper, qui mettait à nouveau des centaines de milliers de jeunes dans la rue quatre jours plus tard, « en grève de l’école pour le climat ». Et qu’elle soit ou non « bien encadrée » (car, n’est-ce pas, un·e jeune qui parle de choses sérieuses est forcément « manipulé·e ») ne donne pas une once de crédit à la meute affolée. Car son discours, répercuté comme une onde de choc dans le monde, ne fait que confirmer l’entrée de la bataille climatique dans une configuration de plus en plus conflictuelle, annonçant la multiplication d’actes de désobéissance civile, de boycott et de résistance citoyenne contre un ennemi global devenu obscène.


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