Vandana Shiva : Une vie pour les peuples

Depuis sa jeunesse, Vandana Shiva se dresse au côté des petits paysans écrasés, en défense de la biodiversité et des savoirs indigènes, en accusatrice des multinationales prédatrices.

Patrick Piro  • 23 octobre 2019 abonné·es
Vandana Shiva : Une vie pour les peuples
© Craig Golding/Getty Images/AFP

Vandana Shiva, c’est d’abord une présence physique. Un corps compact drapé de chatoyants saris indiens, qui draine des grappes d’admirateurs dans les couloirs menant à la salle de conférence. Mais, surtout, un visage magnétique d’une rare intensité expressive. Ses yeux perçants ne décrochent pas du regard de son vis-à-vis. Entre les deux, un large bindi rouge opère comme un troisième œil désignant le siège d’un intellect implacable. Sa voix, grave, taillée pour les harangues, est d’une diction sans heurt. Vandana Shiva assène ses démonstrations avec la complaisance d’un rouleau compresseur. C’est à la tribune qu’elle exprime toute sa puissance de conviction.

Et ça fait près de quarante-cinq ans qu’elle s’y emploie, sans lassitude apparente. À partir des années 2000, l’Indienne émerge comme une des figures de référence des luttes altermondialistes, saluée par l’hebdomadaire états-unien Time Magazine, qui lui décerne le titre d’« héroïne environnementale » en 2003. Défenseuse de la biodiversité, de la préservation des

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

LGV Bordeaux-Toulouse : main basse sur les terres agricoles
Reportage 30 avril 2026 libéré

LGV Bordeaux-Toulouse : main basse sur les terres agricoles

Pour déployer sa nouvelle ligne, SNCF Réseau doit acquérir du terrain au titre de la compensation écologique. En pleine crise du secteur, de nombreux viticulteurs sont tentés de vendre, car les prix proposés sont élevés. Au point d’écarter certains agriculteurs désireux de créer une activité.
Par Romane Gentil
La paysannerie mondiale résiste encore
Reportage 20 avril 2026 abonné·es

La paysannerie mondiale résiste encore

Depuis 1996, le 17 avril marque la journée internationale des luttes paysannes. Face à la libéralisation des échanges et à l’accaparement des terres, le mouvement altermondialiste La Via Campesina coordonne la résistance de 200 millions de paysans à travers le monde.
Par Alix Garcia et Louis Meurice
En Suisse, avec le berger qui défend les loups
Portrait 17 avril 2026 abonné·es

En Suisse, avec le berger qui défend les loups

Dans le Jura vaudois, Fabrice Monnet a passé une grande partie de l’hiver à patrouiller dans les montagnes avec son association pour empêcher l’abattage du grand prédateur. L’homme est devenu une figure militante, non sans agacer éleveurs et pouvoirs publics.
Par Louis Bolla
Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »
Entretien 15 avril 2026 abonné·es

Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »

Le professeur de microbiologie au Muséum national d’histoire naturelle plaide pour la reconnexion de notre société au vivant, et l’émergence d’alternatives agroécologiques pour protéger le monde agricole et les citoyens des ravages des pesticides. Dans De la biodiversité comme un humanisme, petit livre très accessible, il allie vulgarisation et la défense de la biodiversité.
Par Vanina Delmas