« Les clés d’un monde plus juste »

Alors que s’ouvrent les Journées de l’économie autrement, Alain Coheur met en lumière la capacité de l’ESS à transformer un système fondé sur le profit et la prédation.

Une nouvelle génération d’acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) s’active pour la sortir de ses dérives (institutionnalisation, banalisation…) et l’inscrire comme alternative crédible à une économie mondiale engluée dans la financiarisation et la prédation. Ce combat ne peut être livré qu’à l’échelle internationale, notamment pour intégrer les valeurs de l’ESS aux objectifs de développement durable (ODD) de l’Agenda 2030 de l’ONU, définis en 2015 en vue d’éradiquer la pauvreté, de protéger la planète et de garantir la prospérité. Loin de l’écoblanchiment pratiqué par les prédateurs de l’environnement, il s’agit pour l’ESS, au moyen de la solidarité et de la démocratie, de répondre aux besoins des femmes et des hommes en matière d’environnement. Ce mouvement se déploie avec des initiatives comme le Global Social Economy Forum ou la relance d’ESS Forum International, coprésidé par Alain Coheur. Ce dernier livre ici son analyse, alors que s’achève le Mois de l’économie sociale et solidaire, conclu ce week-end par les Journées de l’économie autrement, à Dijon.

Comment l’ESS peut-elle répondre au développement des inégalités, aux prédations environnementales et à la montée des populismes ?

Alain Coheur : La démocratie est un principe fondamental des entreprises de l’ESS, doté d’une double dimension : un fonctionnement impliquant la participation de tous les acteurs (travailleurs, usagers et bénéficiaires) dans la gestion de l’entreprise et un rayonnement qui permet au citoyen d’exercer ses droits dans la cité, de participer à l’action collective et de contribuer aux débats de société. Ce rôle démocratique de nos entreprises prend diverses formes : elles proposent des biens et des services répondant à des besoins qui, sinon, resteraient ignorés ; elles contribuent à créer des lieux d’expression et de débats ; elles conduisent des actions de plaidoyer et de sensibilisation, etc.

Nul ne peut l’ignorer : l’ordre qui règne en ce XXIe siècle a délaissé le sens commun pour se vouer à la seule rentabilité. La domination exercée conjointement par les multinationales et les marchés financiers spéculatifs n’est plus encadrée par les pouvoirs publics, qui n’hésitent pas à brader toute valeur au bénéfice de ce faux principe.

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