Givors : un bastion assiégé

Gérée par le PCF depuis soixante-dix ans, Givors, ex-ville ouvrière de l’agglomération lyonnaise, peine à endiguer la progression de la pauvreté… et du Rassemblement national.

Agathe Mercante  • 26 février 2020 abonné·es
Givors : un bastion assiégé
© Face à la mairie, la cité des Étoiles.PHILIPPE MERLE/AFP

Les rues portent les noms de Lénine, de Jules Vallès, de Maurice Thorez, de Marcel Paul ; les lycées s’appellent Aragon-Picasso ou encore Danielle-Casanova ; le palais des sports rend hommage à Salvador Allende. Pas de doute : Givors, commune de la métropole lyonnaise, est bien une ville communiste. Sur la place Camille-Vallin – le -sénateur-maire qui la dirigea pendant quarante ans –, face à la cité des Étoiles, un ensemble architectural typique des années 1970-1980 de l’architecte Jean Renaudie, trône l’hôtel de ville. Comme sur toutes les mairies de France, la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » est gravée. Mais, à Givors, le mot « Solidarité » a été ajouté.

La commune – près de 20 000 âmes aujourd’hui – a élu son premier maire rouge en 1947 et n’a pas dévié depuis. À Camille Vallin a succédé Martial Passi en 1993, puis, depuis 2017, Christiane Charnay. L’ancienne première adjointe est candidate les 15 et 22 mars prochains. Givors est un bastion dont peut s’enorgueillir la direction nationale du Parti communiste. Mais pour combien de temps ? Car l’ancien collaborateur frontiste de Steeve Briois, Antoine Mellies, entend bien faire passer la ville dans l’escarcelle du Rassemblement national.

Il faut dire que l’extrême droite a reniflé à Givors tous les éléments qui font ses choux gras électoraux. Les bons

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Politique
Publié dans le dossier
Municipales : Le va-tout du PCF
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Après la mort de Quentin Deranque, l’extrême droite lance sa riposte politique
Décryptage 17 février 2026 abonné·es

Après la mort de Quentin Deranque, l’extrême droite lance sa riposte politique

Après la mort de ce militant d’extrême droite, le camp mariniste se pose en victime de la violence politique. Tout en ciblant Jean-Luc Mélenchon et les insoumis et en appelant le gouvernement à agir au nom des « valeurs républicaines ». Un grand renversement.
Par Lucas Sarafian
Municipales : ces villes de droite que l’union des gauches peut faire vaciller
Décryptage 17 février 2026 abonné·es

Municipales : ces villes de droite que l’union des gauches peut faire vaciller

Pour ravir des municipalités à la droite, les gauches sont tentées de construire des alliances, comme à Beauvais, Amiens ou Nîmes. D’autres villes, au contraire, se divisent façon « gauches irréconciliables ». Au risque de manquer l’occasion d’une alternance.
Par Alix Garcia
Municipales : en Seine-Saint-Denis, amours et petites haines de la gauche
Municipales 13 février 2026 abonné·es

Municipales : en Seine-Saint-Denis, amours et petites haines de la gauche

Guerre des gauches, luttes intestines, renversement d’alliance… Socialistes, écologistes, insoumis et communistes se positionnent dans ce terreau électoral pour la gauche.
Par Lucas Sarafian
« L’objectif de l’ex-maire et candidat Thierry Meignen est de changer la population du Blanc-Mesnil »
Entretien 13 février 2026

« L’objectif de l’ex-maire et candidat Thierry Meignen est de changer la population du Blanc-Mesnil »

Dans une enquête dense au cœur de la ville de Seine-Saint-Denis, la journaliste, Nassira El Moaddem révèle les méthodes de Thierry Meignen, officiellement maire entre 2014 et 2021 mais toujours officieusement aux manettes, aujourd’hui candidat aux municipales.
Par Lucas Sarafian