Journalistes au temps du virus

Nous, journalistes à Politis, avons une chance refusée à beaucoup de femmes et d’hommes depuis le début du confinement général. Nous continuons donc à leur donner la parole.

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Nous avons de la chance. Nous, journalistes à Politis, nous pouvons poursuivre notre engagement professionnel, essentiellement en télétravail. Bien sûr, nos habitudes sont bousculées, nous n’allons presque plus sur le terrain, nous réalisons les entretiens par téléphone ou visioconférence, nous tenons nos réunions via des appels téléphoniques groupés, à seize ou dix-huit, chacun depuis son confinement. Mais nous avons de la chance, personne ne nous oblige à prendre les transports et à multiplier les contacts, et notamment pas notre employeur, puisque Politis appartient à ses salariés et ses lecteurs. Nous avons de la chance, parce que notre imprimeur, Rivet, à Limoges, continue en effectif réduit de fabriquer le journal. Nous avons de la chance, parce que les salarié·es de La Poste poursuivent la distribution aux abonnés, même si leur direction a tardé à prendre des mesures pour protéger leur santé et leur sécurité (les tournées ne seront assurées qu’un jour sur deux ou sur trois). Nous avons de la chance, parce que notre prestataire abonnements est sur la brèche, lui aussi, pour vous répondre.

Nous avons de la chance, parce que nos efforts pour nourrir d’informations et de points de vue notre site Politis.fr rencontre de beaux succès d’audience. Nous avons donc une chance refusée à beaucoup de femmes et d’hommes depuis le début du confinement général. Nous continuons donc à leur donner la parole, notamment via nos portraits publiés chaque jour sur le site, dans une série qu’on a appelée #lesdéconfinés. Au côté de nos amis de Basta!, nous traquons les doubles discours des tenants d’un système qui révèle son inique logique.

Soyons réalistes aussi, ce confinement montre la grande fragilité de la presse écrite, dans un monde désormais ultraconnecté. Pour ne pas inciter à sortir de chez soi sans raison impérieuse, nous avons fait le choix de ne pas être distribués chez les marchands de journaux, tant que le confinement restera la meilleure réponse pour freiner la maladie. Ce numéro de Politis ne parviendra donc qu’à ses abonné·es et sera disponible sur Politis.fr et sur nos applications mobiles. Pour réussir à le sortir dans de bonnes conditions, nous avons également été contraints de baisser légèrement son nombre de pages. Pendant ce temps, l’ensemble de la rédaction a massivement basculé dans un fonctionnement destiné à nourrir Politis.fr. Vous y trouverez deux à trois fois plus d’articles que dans ce numéro – n’oubliez pas qu’en tant qu’abonné vous bénéficiez d’un accès illimité au site (lire au dos de ce numéro). Même si vous êtes très attaché·es à la lecture d’un journal papier, j’aimerais vous convaincre combien il est vital que vous nous suiviez en ligne. Notre indépendance en dépend aussi.


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