Voyages autour de nos chambres #1

Profiter du confinement pour découvrir, (re)lire, (ré)écouter ou (re)voir des œuvres. Chaque jour, notre proposition culturelle, sans sortir de chez soi.

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Nous inaugurons ici une nouvelle rubrique en ligne afin de ne pas passer, stricts confinés que nous sommes, cette période inédite sans nourritures intellectuelles et artistiques. Internet offre heureusement un accès à d’innombrables œuvres numérisées, et donc la possibilité de « voyager autour de sa chambre » (pour paraphraser le titre du livre de Xavier de Maistre, Voyage autour de ma chambre) ou depuis son canapé. Même si l’expérience de la scène, du grand écran ou du chapiteau reste irremplaçable, grâce à la Toile, le lien peut rester avec les spectateurs. Nous vous suggèrerons donc, chaque jour, une idée ou une source d’accès de films, de livres, de concerts, d’opéras ou de pièces de théâtre filmés, etc. Avec trois principes intangibles : ces œuvres doivent être en accès libre ; leur diffusion doit respecter strictement le droit d’auteur ; et nul ne doit être amené à sortir (donc, pas de livraison de livres, par exemple).

Le site avec lequel nous commençons est connu de tous, ou presque : il s’agit de celui d’Arte. Comme la plupart des chaînes de télévision, on y trouve en replay une partie des émissions, films ou séries diffusées à l’antenne. Et ce, dans un délai relativement restreint. Ce qui n’est pas le cas pour une rubrique qui recèle des pépites qu’on néglige trop souvent et à tort : celle des « Films muets » (sous-rubrique de la partie Cinéma).

On y trouve actuellement deux purs chefs-d’œuvre. Le premier : Nosferatu le vampire (1922), de Friedrich Wilhelm Murnau, en version restaurée. Il s’agit d’un grand classique du fantastique. Sa prouesse est de provoquer le frisson avec une grande économie de moyens tout en déployant une puissance visuelle sidérante (spécifique au cinéma muet, on ne retrouvera jamais cette plastique et cette esthétique avec le parlant). Dans le genre, Nosferatu le vampire est l’opposé du Cabinet du Dr Caligari (1920), de Robert Wiene – également visible sur Arte.fr, film rare, il faut en profiter ! –, devenu l’emblème de l’expressionnisme allemand, avec exacerbation du jeu des acteurs et distorsion des décors.

L’autre très grand film est La Foule (1927), de King Vidor. Un mélodrame social qui met en scène un jeune homme arrivant à New York plein d’ambition mais rattrapé par les malheurs, le chômage en particulier. Là encore, la force visuelle du film est époustouflante, avec un jeu sur les contrastes entre l’individu, sa subjectivité, la condition d'anonyme et les marées humaines de la ville…

Arte.fr, « Films muets »

-> Pour lire tous les articles de la série : RDV sur la rubrique Culture


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