Appel pour une écologie de la musique vivante

Des musiciens et producteurs engagés dans la transition écologique lancent un appel pour mettre en place des pratiques professionnelles plus respectueuses de l’environnement. Un changement de cap qui ne pourra pas se faire sans transformer le modèle de l’artiste star sur lequel fonctionne l’industrie musicale.

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À l’origine de cet appel, trois musiciens issus de la scène jazz : Leila Martial, Pierre Perchaud et Grégoire Letouvet, qui ont profité du confinement pour réfléchir sur leurs pratiques professionnelles musicales. « Nous devons transformer les usages de nos métiers et cesser de considérer la planète comme une ressource inépuisable », expliquent-ils dans leur appel relayé par la fédération des artistes engagés Grand Format.

Or, actuellement, l’industrie musicale, telle qu’elle fonctionne, met les artistes et les producteurs face un dilemme de conscience. « Il devient difficile de multiplier les représentations, notamment à l’international, et en même temps de limiter les émissions de carbone et réduire la production de déchets », souligne l’appel.

Face à ce constat, l’appel propose que chaque acteur de l’industrie musicale prenne ses responsabilités : « Tous les acteurs publics et privés du secteur de la musique doivent bouger ensemble, insiste Pierre Perchaud, sinon diminuer son impact écologique individuellement reviendrait à devenir invisible professionnellement. »

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Et pour que les usages évoluent, l’appel propose d’arrêter de valoriser l’artiste star. « Leur valeur est calculée au nombre de tournées dans l’année, de spectateurs, de disques vendus ou encore à la taille et au prestige des salles de concert », explique l’appel. Et même si ce système est remis en question par les jeunes générations d’artistes, ce fonctionnement continue d’être promu comme la référence dans l’inconscient collectif.

Pour lier la prise de conscience aux gestes, l’appel propose de renoncer à certaines pratiques au profit d’une vision à plus long terme. L’appel est donc accompagné d’une liste de solutions, sous forme de texte évolutif et interactif, autour du transport, de la vie en tournée, des pratiques quotidiennes et des pratiques des autres professions de la musique (manager, attaché de presse, journaliste spécialisé, tourneur). Parmi les solutions proposées, on retrouve :

  • abandonner l’avion pour les dates isolées ou encore s’opposer à la clause d’exclusivité qui interdit contractuellement aux artistes de se produire dans une région plusieurs mois avant et après leur événement,
  • refuser les repas préparés provenant de l’industrie agroalimentaire,
  • réparer plutôt que de racheter du matériel neuf,
  • fournir aux artistes des contenants en verre réutilisable (bouteille, assiette, verre),
  • proposer aux journalistes de revoir le récit de l’artiste star.

Avec cet appel, les musiciens signataires souhaitent engager dans un premier temps un dialogue dans la profession pour faire remonter ensuite leurs propositions aux pouvoirs publics et locaux.

-> Pour signer l’appel, cliquez ici

-> Pour lire les propositions, cliquez ici

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