Éric Rohmer : Le souffle du cinéma

Éric Rohmer, décédé il y a dix ans, aurait été centenaire cette année. L’occasion de revoir ses films et de lire ses critiques réunies en recueil.

Dans La Collectionneuse (1967), le narrateur affirme rechercher « le rien, le vide », ce qui relève d’évidence de l’utopie. On pourrait partir de ce propos pour caractériser ce dont le cinéma d’Éric Rohmer s’est toujours mis en quête. On a souvent parlé de l’accueil que réservaient ses films à la banalité. Le cinéaste lui-même ne récusait pas le terme. Mais c’est là tout le paradoxe : par quel miracle – ce mot à son sujet n’est pas choisi par hasard – ses films, dont les intrigues sont ténues, atteignent-ils finalement une plénitude, et même une grandeur a priori insoupçonnée ?

L’occasion de se reposer cette question est donnée par le calendrier : décédé il y a dix ans, Éric Rohmer aurait eu 100 ans cette année. Si l’intégrale de son œuvre est sortie en DVD et Blu-ray dans un beau coffret en 2013 (chez Pyramide), le site d’Arte propose de revoir trois de ses films de la fin des années 1960, appartenant au cycle des « Contes moraux » : La Collectionneuse, Ma nuit chez Maud (1969) et Le Genou de Claire (1970). Parallèlement, est publié un recueil de ses articles, Le Sel du présent, qui n’avaient pas été réunis jusqu’ici.

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