Ehpads : « Ne pas accompagner les mourants est une catastrophe »

Pour Valentine Trépied, la crise du Covid-19 a mis en lumière le sentiment d’isolement des personnes vivant en Ehpad et l’impact que cela peut avoir sur leur bien-être psychique.

Chloé Dubois (collectif Focus)  • 22 juillet 2020 abonné·es
Ehpads : « Ne pas accompagner les mourants est une catastrophe »
© Anne-Christine POUJOULAT/AFP

Très médicalisés, les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ont tendance à adopter une approche très -physique du soin, ne laissant que peu de place à un accompagnement psycho-social de la fin de vie. Valentine -Trépied, sociologue du vieillissement et spécialiste des Ehpad, a analysé, dans le cadre de son travail de recherche, « l’expérience vécue de la relation soignante par les personnes âgées dépendantes ». Selon elle, le manque de personnel et les cadences effrénées pour prodiguer les soins vont à l’encontre de l’autonomie des personnes âgées et renforcent le sentiment de solitude des résident·es.

Votre recherche et vos entretiens vous ont permis de distinguer différentes manières de vieillir en Ehpad. Quelles sont-elles ?

Valentine Trépied : Il s’agit de trois expériences du vieillissement en Ehpad. La première, « s’accepter », concerne les personnes âgées qui ont choisi de s’y installer. Ce sont les plus dotées économiquement, socialement et culturellement, et elles vivent plus souvent en établissement privé. Elles valorisent le fait d’avoir pris cette décision, pour ne pas dépendre de leurs proches, et le revendiquent comme une forme d’autonomie.

La deuxième catégorie, que j’ai nommée « se résigner », concerne davantage celles qui se sont laissé convaincre d’aller en Ehpad par leurs proches ou leur médecin. Elles ont « capitulé » pour ne pas entrer en conflit avec eux. Elles viennent de

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

« La perception de l’équipe de France de foot reflète les luttes pour la conception dominante de la nation »
Entretien 15 juin 2026

« La perception de l’équipe de France de foot reflète les luttes pour la conception dominante de la nation »

Pour l’historien du sport Fabien Archambault, les équipes nationales sont un champ de bataille symbolique, où se jouent les définitions des nations qu’elles représentent, et la Coupe du monde, un miroir grossissant.
Par Martin Eteve
La résilience, boussole pour le monde à venir
Inégalités 12 juin 2026 abonné·es

La résilience, boussole pour le monde à venir

Alors que les crises sociales, démocratiques et écologiques nourrissent partout le sentiment d’impuissance, des résistances citoyennes dessinent d’autres possibles. Cécile Duflot plaide pour faire de la résilience collective une force politique capable de combattre les inégalités, défendre l’État de droit et redonner espoir face aux replis nationalistes et aux logiques de renoncement.
Par Cécile Duflot
« Les révolutions sont des imaginaires puissants »
Entretien 12 juin 2026 abonné·es

« Les révolutions sont des imaginaires puissants »

Dans un temps marqué par la montée des extrêmes droites, l’historienne Mathilde Larrère s’attarde sur ce que la gauche fait de sa mémoire révolutionnaire, endroit fécond où inventer l’avenir.
Par Juliette Heinzlef
Gérald Darmanin et l’esthétique virile du pouvoir
Tribune 11 juin 2026

Gérald Darmanin et l’esthétique virile du pouvoir

L’affaire Lyhanna met en lumière les limites d’une conception viriliste du pouvoir incarnée par le ministre de la Justice. Quand les violences sexuelles s’imposent au débat public, la posture de l’« homme fort » apparaît moins comme une solution que comme une partie du problème.
Par Lynda-May Azibi