États-Unis : La conscience noire toujours à vif

Depuis la mort de George Floyd, la communauté noire états-unienne vit dans un état de réactivité extrême.

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Depuis la mort de George Floyd, asphyxié sous le genou d’un policier blanc fin mai dernier à Minneapolis, la communauté noire états-unienne vit dans un état de réactivité extrême, entretenue depuis par d’autres bavures similaires. La dernière en date, qui a vu Jacob Blake grièvement blessé de sept coups de feu le 23 août à Kenosha, a déclenché une nouvelle vague de très vives protestations contre le racisme aux États-Unis. Cette ville du Wisconsin a été le siège de violences qui ont fait deux morts, suite aux tirs d’un jeune suprémaciste blanc, défendu par Trump, alléguant une possible légitime défense.

La question raciale s’est imposée comme jamais au premier plan des enjeux politiques de la présidentielle (3 novembre). Le président dépeint les protestataires en délinquants. « Émeutes, pillages, incendies volontaires, violence » : voilà le tableau si le pays élit le démocrate Biden, selon Trump, qui pointe la situation de Portland (Oregon), siège de manifestations quotidiennes depuis la mort de George Floyd. Un de ses soutiens, militant d’extrême droite, y a été tué le 29 août dernier lors d’un affrontement.

Biden, de son côté, tente d’apparaître en réconciliateur de la société avec Kamala Harris pour colistière, sénatrice d’origine indienne et jamaïcaine. Le vote des Afro-américains, éloignés des urnes, a été brandi comme un objectif déterminant lors du rassemblement de dizaines de milliers de personnes commémorant à Washington, le 28 août, le célèbre discours « I have a dream » de Martin Luther King il y a cinquante-sept ans.

C’est aussi l’une des motivations des meneurs du singulier boycott des matchs de la NBA (ligue nationale de basket-ball), déclenché la semaine dernière par l’équipe de Milwaukee, principale ville du Wisconsin, pour protester contre la bavure dont a été victime Jacob Blake. Suite à une négociation dont l’ancien président noir Barack Obama a été un actif conseiller, les joueurs (Afro-américains à 80 %) ont repris le championnat après que la ligue s’est engagée à une plus forte implication contre le racisme. Ainsi des bureaux de vote pourraient être installés dans les salles de basket-ball pour la présidentielle. Dernier signe fort de cette mobilisation communautaire : l’immense hommage rendu à l’acteur noir Chadwick Boseman, décédé d’un cancer à 43 ans. L’annonce a déclenché plus de sept millions de réactions d’empathie sur Twitter, un record, informe la plate-forme. L’acteur avait incarné le rôle du premier super-héros noir (et africain) de l’histoire du cinéma en 2018 dans Black Panther.


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