Darmanin : amalgame et stigmatisation

En voulant dissoudre le CCIF, le ministre de l’Intérieur sabote les liens déjà difficiles entre l’État français et les musulmans.

Fin septembre 2019, après ses propos xénophobes à la Convention « La Droite », organisée par Marion Maréchal, Éric Zemmour est poursuivi par le parquet pour « injures publiques » et « provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence » raciales. Un certain nombre d’associations se portent alors parties civiles au procès, dont le Mrap, la Ligue des droits de l’Homme (LDH), la Maison des potes, la Licra, l’Union des étudiants juifs de France et… le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). À aucun moment, le parquet n’a, dans son réquisitoire contre le prévenu, contesté la présence et la requête d’aucun des plaignants. Le 25 septembre 2020, Zemmour est condamné à 10 000 euros d’amende et à verser 3 000 euros à chacune des parties civiles. Dont le CCIF.

Moins d'un mois plus tard, au lendemain de l’odieux attentat contre Samuel Paty, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, exprime sa volonté de dissoudre le CCIF, pour son supposé « islamisme radical », le considérant comme une « association ennemie de la République ». Le ministre tente de justifier sa campagne (pour le moins bancale) contre le CCIF, parce que le père d’une élève du professeur assassiné, qui jugeait son cours sur la liberté d’expression « islamophobe » – il a été placé depuis en garde à vue –, avait appelé à saisir le CCIF.

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