Le théâtre à feu couvert

Les professionnels s’adaptent aux nouvelles contraintes, mais les petites compagnies sont les premières victimes des réorganisations en cours.

Le soir où Emmanuel Macron a annoncé l’instauration d’un couvre-feu commençant à 21 heures, beaucoup d’artistes et de responsables du spectacle vivant ont pensé qu’ils allaient tirer le rideau, arrêter de jouer. Mais, dès le lendemain matin, l’avis général était de s’adapter et donc de placer les représentations à d’autres heures.

Les calculs n’étaient pas simples à faire, surtout quand les spectacles sont longs : à quelle heure les faire débuter alors que les spectateurs sont invités à se coucher tôt ? Certains théâtres proposèrent leurs nouveaux horaires rapidement, d’autres prirent plusieurs jours pour régler des questions complexes.

D’une façon générale, tout le monde a opté pour la même solution : commencer à 18 h 30 ou 19 heures. Mais d’autres équipes n’ont pas eu la même conception du temps. Bartabas, toujours dans la singularité, a programmé son nouveau spectacle, Entretiens silencieux, à 10 h 30 ! Les chevaux seront levés à cette heure-là, c’est sûr. Mais les spectateurs ? Au théâtre de la Colline, Wajdi Mouawad, qui écrit de longues sagas, a placé sa pièce Littoral à 17 heures et les spectacles des compagnies amies un peu plus tard. La Comédie-Française a fait le même choix, avec des créneaux à 16 heures et 17 h 30, mais, un peu comme Bartabas (avec l’avantage d’être en plein Paris et d’avoir un public sans doute plus disponible), occupe l’espace du samedi matin avec son Malade imaginaire à 11 heures.

Tout semble remis en place, selon un système provisoire qui risque de durer. Ces acrobatiques changements de calendrier ne se sont pas faits sans dégâts.

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