Louise Glück

La prix Nobel de littérature, trop méconnue en France, est pourtant considérée comme l’une des plus grandes poétesses de langue anglaise.

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Il faut être (notamment) français pour ne pas connaître Louise Glück, puisque aucun de ses recueils n’a été traduit jusqu’à maintenant dans la langue de Voltaire (sinon quelques poèmes dans les revues Po&sie et Europe). Louise Glück est pourtant considérée comme l’une des plus grandes poétesses de langue anglaise, et le prix Nobel de littérature, qui lui a été décerné le 8 octobre, vient couronner une œuvre ayant déjà été distinguée par de nombreux prix prestigieux dans son pays, les États-Unis, où elle est née en 1943. Descending Figure (1980), Averno (2006) ou son dernier livre en date, qui lui a valu le National Book Award, Faithful and Virtuous Night (2014), sont tenus comme étant les sommets d’une œuvre rassemblée en 2012 dans Poems : 1962-2012. La famille, l’enfance, la relation fille-mère, l’abandon sont des thèmes récurrents chez elle, autobiographiques mais portés par « une voix poétique » à la « beauté austère [qui] rend l’existence individuelle universelle », ont salué les jurés du Nobel.

Marie Olivier, qui a consacré sa thèse de doctorat au « désir de neutre dans la poésie de Louise Glück », écrit dans un texte paru dans la revue Postures (en ligne) à propos de l’enfance vue par la poétesse : « L’enfance est systématiquement représentée comme déjà entamée et ruinée, à l’image des robes trouées par la machine à coudre, dans le contrecoup d’une écriture qui se laisse lire, presque trop bien lire à travers la transparence d’une langue et de paroles déjà parlées, voire usées jusqu’à la fibre. » En français, la voix de Louise Glück donne ceci : « Tu vois, ils n’ont pas de jugement./Alors il est naturel qu’ils se noient,/d’abord la glace les prend/et puis, tout l’hiver, leurs écharpes de laine/flottant derrière eux ils s’enfoncent/jusqu’à se taire enfin ?/Et la mare les soulève dans ses multiples bras noirs » (traduction de Claude Mouchard, sur le site « En attendant Nadeau »). Espérons que cet heureux prix Nobel provoque chez les éditeurs un désir de traduction de l’œuvre de Louise Glück.


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