La destruction de la nature prépare les pandémies futures

C'est l'alerte adressé au monde dans un rapport alarmant de l'ONU.

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Une agence scientifique des Nations Unies vient de rendre public un rapport qui suggère que l’appauvrissement du vivant, qu’il s’agisse des animaux, de la flore, des insectes et de la faune aquatique, est directement lié à l’émergence d’une « ère des pandémies ». Cet avertissement argumenté a été publié par « La plate forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité » (IPBES). Un organisme qui a été créé en avril 2012. D'après cet outil onusien qui veut fonctionner et lancer des alertes comme le GIEC le fait pour le climat, les pandémies pourraient être de plus en plus fréquentes et de plus en plus difficiles à éradiquer si l’être humain accentue sa pression insupportable sur les écosystèmes et la biodiversité.

Virus en embuscade

L’argumentation de ces scientifiques est, notamment, que les six pandémies constatées depuis la grippe espagnole de 1918 ayant ravagé l’Europe et le reste du monde, ont toutes été causées par « l’activité humaine défrichant et exploitant des aires à la biodiversité riche; l’être humain et ses animaux domestiques se retrouvant de plus en plus souvent en contact avec la faune et le monde sauvage ». Car d'autres virus nous guettent.

Le fait que l’activité humaine, explique Peter Daszak, président du groupe de travail de l’IPBES, ait été capable de changer si profondément notre environnement naturel nous amène à tenter de réduire les risques pour les pandémies futures et de réduire également les risques entrainés par le changement climatiques. La biodiversité et le réchauffement additionnent leurs dégâts. Car les spécialistes évaluent à 850 000 les virus « en attente » de franchir la barrière des espèces parmi les mammifères et les oiseaux sauvages.

Le rapport rappelle longuement que préserver ce qui reste de la biodiversité, lutter contre le réchauffement de la planète pourrait permettre de prévenir les futures pandémies plutôt que de les subir une fois qu’elles se sont propagées au sein de la population. D’autant plus que du point de vue économique cela serait plus rentable puisqu’une pandémie coûte au moins 100 fois plus cher quand il faut la subir.

Cet avertissement de l’IPBES (1), montre à quel point, notre environnement naturel est délabré, aussi bien en Europe que dans le reste de la planète. On y sent à quel point les naturalistes sont sceptiques sur leurs chances de mettre rapidement un terme aux destructions et aux morts prématurées. Dommage car à lire ce rapport on comprend que comme pour le climat dont les experts nous alertent depuis 1990, demain il sera trop tard…


(1) 130 pays en sont actuellement membres ainsi que 150 experts spécialisés


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