Brésil : Chaos Covid, faillite politique

La pandémie est hors de contrôle au pays de Jair Bolsonaro.

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La Folha de São Paulo, le quotidien le plus prisé de l’élite brésilienne, redoublait d’efforts, le 6 avril, pour situer la catastrophe sanitaire qui balaye le pays. 4 211 morts du Covid-19 au Brésil en une journée, qu’est-ce ? Ce macabre record égale le total des deuils du Paraguay voisin depuis le début de la crise sanitaire. La barre des 2 000 morts quotidiens a-t-elle été franchie en douze mois ? Il n’aura fallu qu’un mois pour atteindre le double. La pandémie est hors de contrôle, s’alarme la fondation Fiocruz, l’équivalent de l’Institut Pasteur en France. Le variant « brésilien » P1 du virus, bien plus contagieux même que le variant anglais, serait la cause des deux tiers des contaminations. Avec un tableau morbide très nouveau : plus de la moitié des personnes en réanimation ont moins de 40 ans, contre 15 % il y a un an. La campagne de vaccination a pris un retard considérable et les doses utilisées n’ont qu’une efficacité de 50 % sur le P1. Le système sanitaire s’effondre. Et les épidémiologistes craignent non seulement la propagation hors du Brésil de l’hégémonique P1, mais aussi l’apparition de successeurs dans ce bouillon de culture à ciel ouvert qu’est devenu le pays.

Jair Bolsonaro, responsable en chef du chaos, est désormais qualifié tout haut de génocidaire par ses opposants. Il en rit, suggère de faire du sport pour renforcer ses défenses et s’enivre depuis un an de sa non-gestion de la crise. Méprisant les mesures de prévention massive, il attaque tout ce qui ressemble à une restriction de l’activité économique. Il vient tout juste de limoger son ministre de la Santé, un général incompétent nommé « provisoirement » en juin 2020 après une série de démissions à ce poste.

La persistance de cette tragédie est une insondable source de perplexité, vue de l’étranger. Un dénouement à l’états-unienne ne se profile même pas d’évidence pour la présidentielle de 2022. Bolsonaro est visé par 111 demandes de destitution, mais aucune n’a été examinée à ce jour : il a ouvertement acheté le « centre mou » des députés, prêts aux plus vénales compromissions pour arracher des postes, des faveurs dans les circonscriptions, etc. Fâché avec l’état-major de l’armée ? Il est encore soutenu par une bonne partie des militaires, auxquels il a confié la moitié des postes au gouvernement. La cote de Bolsonaro baisse certes dans l’opinion, mais reste proche d’un solide 30 %. Et si son action est jugée négativement par la moitié des sondé·es (un tiers de plus qu’il y a six mois), c’est visiblement encore insuffisant pour déclencher contre lui les foudres de l’élite économique et politique irresponsable qui l’a porté au pouvoir, et dont on peut désespérer qu’elle ait un jour des comptes à rendre à un peuple dans la tourmente.


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