En Turquie, le HDP, cette opposition à abattre
Considéré comme pro-kurde, le Parti démocratique des peuples est menacé de dissolution. Une procédure très politique qui vise à affaiblir encore un peu plus l’opposition en Turquie. Reportage.
dans l’hebdo N° 1650 Acheter ce numéro

L’annonce a fait l’effet d’un coup de tonnerre : le 17 mars, un acte d’accusation de 609 pages demandant l’interdiction du Parti démocratique des peuples (HDP) était remis à la Cour constitutionnelle turque par le procureur général de la Cour de cassation. En cause, des liens présumés avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), estampillé organisation terroriste par la -Turquie, l’Union européenne et les États-Unis. Le procureur réclame également l’interdiction pendant cinq ans de toute activité politique pour 687 personnes affiliées au HDP. Un coup dur pour ce parti fondé en 2012 et devenu troisième force politique du pays, avec plus de 6 millions d’électeurs lors du dernier scrutin législatif.
Quatre jours plus tard, plusieurs centaines de milliers de personnes se rassemblent à Diyarbakir – dans le sud-est du pays, à majorité kurde – afin de célébrer Newroz, le Nouvel An kurde.