Mauvais concours de circonstances pour les futurs bacheliers

La première étape de Parcoursup s’est achevée le 8 avril. Mais la crise sanitaire conjuguée à la réforme du bac n’a fait que renforcer les inégalités d’orientation.

Annulation de certaines épreuves du bac, remplacées par un contrôle continu, fermeture des établissements scolaires depuis le 6 avril… Les élèves de terminaleconnaissent une année bousculée avec le Covid-19. Mais un calendrier demeure, inamovible : celui de Parcoursup. Le 8 avril, les candidat·es devaient finir de remplir leur dossier et valider leurs vœux pour l’enseignement supérieur sur la plateforme, qui a connu quelques bugs du fait du grand nombre de connexions.

À l’anxiété liée à l’orientation post-bac vient s’ajouter l’angoisse de la crise sanitaire. « Il y a eu davantage de demandes de rendez-vous cette année, observe Lydia Stupar-Deyrem, membre de l’Association des psychologues et de psychologie dans l’Éducation nationale (Apsyen) et directrice du centre d’information et d’orientation (CIO) de Fécamp (Seine-Maritime). Nous avons notamment dû doubler les permanences de notre CIO le mercredi. » Et nombreux sont les jeunes qui ont revu leur projet initial en raison du contexte de crise, remarque Vanda, professeure principale en terminale dans un lycée de Seine-Saint-Denis : « Face aux discours médiatiques sur la souffrance des étudiants et la fermeture des universités, certains élèves ont opté pour des vœux plus “sécurisants”, comme les classes prépa ou les BTS, qui sont restés ouverts cette année. En temps normal, les licences ne sont déjà pas les vœux préférés, mais, cette année, c’est encore plus flagrant. »

Il y a aussi celles et ceux qui ont fait une croix sur l’envie de quitter leur ville d’origine, en particulier les jeunes des milieux ruraux, qui connaissent déjà une forme d’autocensure sur les questions de mobilité. À Fécamp, Lydia Stupar-Deyrem en a croisé beaucoup. « Que leur répondre lorsqu’ils me demandent “à quoi bon payer un appartement pour avoir des cours en visio” ? » D’autant que, après avoir vu ses parents sans travail ou au chômage partiel, la tentation de revoir son projet d’orientation est forte. « La plupart des jeunes le font d’eux-mêmes, sans forcément échanger avec leur famille. Ils ont conscience que partir étudier loin a un coût pour leurs proches. » Arnaud, qui vit près de Valenciennes (Nord), se serait bien vu continuer ses études à Lille. « J’avais envie de découvrir l’indépendance, la vie d’étudiant, tout ça. Mais là, avec mon père qui est au chômage et n’a pas trouvé de contrat depuis un an, c’est compliqué économiquement pour ma famille. Et sans job étudiant à cause de la crise, ça devient mission impossible. » Le jeune homme s’est rabattu sur son université de secteur, à Valenciennes, ce qui lui permet de rester vivre chez ses parents. « J’ai quand même formulé un vœu à Lille, au cas où… Mais je sais que les considérations financières restent plus importantes. »

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