Dossier : Erdogan : L'ambition sans freins d'un autocrate

Turquie : La mise au pas des institutions

L’université, la justice et l’armée sont victimes de purges et de nominations visant à les contrôler.

L’ambiance n’est plus la même à l’université du Bosphore (Bogaziçi, en turc), à Istanbul. « Des flics sont infiltrés et la sécurité de l’université signale chaque mouvement. Ils suivent et espionnent des groupes d’étudiants », déplore Deniz, tout juste diplômé. Le prestigieux établissement, connu pour former les élites du pays et être un bastion de l’opposition, est dans le viseur de Recep Tayyip Erdogan. Le 2 janvier, le chef de l’État y a nommé comme nouveau recteur un membre de son parti, le Parti de la justice et du développement (AKP) : Melih Bulu. Mais la décision est plus que contestée. Pour Deniz, « cette nomination n’est pas légitime. Melih Bulu n’a jamais enseigné dans cette université ».

Au sein du campus, quotidiennement, les enseignants se rassemblent sur l’esplanade et « tournent le dos au bureau du recteur pendant une demi-heure »,raconte Seda Altug, enseignante au département d’histoire. Et le poste de vice-recteur reste vacant : personne ne s’est présenté pour être élu. De leur côté, les étudiants, qui suivent leurs cours en ligne en raison de la pandémie, viennent aussi protester devant le bureau du recteur. Parfois, des concerts et expositions se tiennent, n’en déplaise à Melih Bulu. « Il y a quelques jours, un groupe d’étudiants a peint des marches aux couleurs de l’arc-en-ciel. Juste après, la sécurité est venue et a repeint l’escalier. Ils ont également dégradé une peinture à l’huile d’un artiste de l’école »,rapporte Deniz. « Il y a des barricades de police à l’entrée du campus. Pour nous faire peur », précise Oguzalp, étudiant en science politique et relations internationales.

Cantonné au sein du campus les premiers jours, le mouvement a depuis gagné de l’ampleur.

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