Pérou : Les débuts périlleux de Pedro Castillo

Entre contestation de son élection, affaires de corruption et soupçons de soutien au Sentier lumineux.

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Depuis que Pedro Castillo a été élu président du pays, les difficultés s’amoncellent. L’autorité électorale ne l’a proclamé vainqueur que six semaines après le scrutin du 6 juin. En cause : d’innombrables recours en nullité déposés par sa principale adversaire, la populiste ultralibérale Keiko Fujimori. Une fois investi, le nouveau président nomme Premier ministre un ingénieur d’origine paysanne, sans expérience politique : Guido Bellido. Un profil qui suscite le débat. Dans sa campagne, Pedro Castillo et les membres de son équipe avait été accusés d’être liés au Sentier lumineux, la guérilla maoïste, principal acteur du conflit armé qui a fait quelque 70 000 morts et disparus entre 1980 et 2000, et désormais inscrit sur la liste des organisations terroristes. Or, Bellido fait l’objet d’une enquête pour « apologie du terrorisme » : il aurait soutenu le Sentier lumineux et, sur Facebook, rendu hommage à une de ses combattantes, décédée en 1982 lors d’un affrontement avec la police.

Sa nomination à la tête du gouvernement sonne aussi comme une main tendue à Vladimir Cerrón, le fondateur du parti Perú Libre, condamné en 2019 pour corruption et donc empêché d’être candidat à la présidentielle. Perú Libre s’est donc tourné vers Pedro Castillo pour le remplacer. Or, l’enquête menée par la justice péruvienne sur Vladimir Cerrón pourrait éclabousser le nouveau président. La justice soupçonne l’utilisation de sommes récoltées par voie de corruption pour financer la campagne. Samedi, une série de perquisitions ont été menées, dont une au siège du parti présidentiel.


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