Dépression post-partum : « prendre soin des mères »
Sage-femme et féministe, Chantal Birman est au centre d’un documentaire sur les difficultés psychologiques suivant l’accouchement. Un tabou qui souligne les carences du système.
dans l’hebdo N° 1676 Acheter ce numéro

Plan serré sur les femmes prises dans l’abîme des premiers jours de maternité. Pour son premier film, la cinéaste Aude Pépin s’est fondue dans l’ombre de -Chantal Birman, ancienne cheffe de service de la maternité des Lilas (Seine-Saint-Denis), devenue sage-femme libérale, au cours de ses visites accompagnant le retour des mères à domicile. Grâce au regard bienveillant de cette militante historique du droit à l’avortement, À la vie porte une lumière sensible et bouleversante sur un énorme tabou : l’épreuve psychique des débuts de la parentalité, qui conduit entre 10 % et 15 % des femmes à la dépression.
Est-ce la puissance rare de sa parole ou la sensibilité d’une documentariste qui a su retranscrire son combat avec simplicité ? Est-ce la société qui se montre enfin prête à ouvrir les yeux ? La jeune grand-mère a en tout cas vu micros et caméras affluer ces dernières semaines pour collecter son message d’alerte, longtemps ignoré, comme est ignorée la parole des sages-femmes aujourd’hui en lutte.
L’une des premières causes de mortalité chez les jeunes mères, la première année, c’est le suicide (1). Pourquoi personne, ou presque, n’en parle ?
Chantal Birman : D’une part parce que cela n’intéresse pas les médecins. Un obstétricien s’intéresse à ce qui se passe à la maternité et c’est normal. Quand on est dans l’institution, on perçoit le « baby blues » et les larmes,
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