Briançon veut rester une ville refuge

Contraints, le 24 octobre, de fermer leur lieu d’accueil associatif pour cause de suroccupation, les bénévoles ont organisé la mise à l’abri des exilés dans la gare, puis dans une église.

La neige s’est déjà invitée sur les sommets et les températures nocturnes sont glaciales. Malgré l’hiver qui arrive, une nouvelle crise de l’accueil des exilés secoue Briançon (Hautes-Alpes). Le 24 octobre, au lendemain de son inauguration officielle, le nouveau lieu de premier accueil de la société civile, baptisé Terrasses solidaires, a dû fermer, dépassé par l’afflux. Une décision prise jusqu’à nouvel ordre pour des raisons de sécurité. Plus de 200 personnes s’entassaient dans le bâtiment, bien au-delà de la jauge maximale de 81. « On n’avait plus un centimètre carré où poser les pieds. C’était dangereux en cas de besoin d’évacuer, et les tensions entre les gens devenaient très compliquées à gérer », témoigne une bénévole.

Un engorgement accru par les difficultés d’accès aux transports publics qui permettent de quitter la ville. Le train de nuit pour Paris ne circule plus jusqu’à mi-décembre, pour cause de travaux sur la voie. Il est remplacé par un bus au départ de Chorges, à 70 kilomètres de là. Pour monter dans un bus ou un train, il faut justifier d’un passe sanitaire ou d’un test covid négatif. Pas évident d’obtenir le sésame. La Croix-Rouge testait deux fois par semaine aux Terrasses solidaires avec des moyens fournis par l’État. Insuffisant, selon une bénévole. « À partir du jeudi, les personnes doivent attendre jusqu’au lundi pour pouvoir être testées », explique-t-elle.

« Beaucoup de souffrance »

En l’absence d’un refuge disponible, environ 230 exilés ont passé la nuit du 24 au 25 octobre dans le hall de la gare SNCF, soutenus par plusieurs dizaines de personnes solidaires. En réaction, le ministère de l’Intérieur a immédiatement envoyé deux compagnies de gendarmes mobiles à la frontière. « Afin d’éviter que de nouveaux migrants viennent grossir les rangs de ceux qui occupent la gare », a justifié Martine Clavel, la préfète des Hautes-Alpes, dans un communiqué. Soit 220 militaires en plus des 60 fonctionnaires de la police aux frontières (PAF) de Montgenèvre et de la centaine de gendarmes déjà mobilisés pour tenter d’arrêter et de refouler les migrants en Italie. Certains essaient de leur échapper en marchant à travers la montagne.

« En mettant autant de forces de l’ordre en place au début de l’hiver, je ne sais pas ce que cherchent les autorités. Ça va créer beaucoup de souffrance », s’inquiète Michel Rousseau, de l’association Tous migrants. Depuis 2018, cinq morts ont été retrouvés à cette zone frontière, et un Soudanais a disparu depuis cet été.

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