Dossier : Candidats de gauche : Convaincre les classes populaires

Comment la gauche compte regagner le vote populaire

Pour être présent au second tour, le camp progressiste doit retrouver la confiance des classes défavorisées, souvent abstentionnistes. Un objectif que tous les candidats souhaitent atteindre. Non sans difficultés.

Les classes populaires n’ont pas quitté le navire politique. C’est la gauche qui les a jetées par dessus bord. Mais, à moins de trois mois du premier tour, les bouées de sauvetage sont lancées à tour de bras. Chaque candidat cherche à rattraper ces millions d’hommes et de femmes plongés, après des retournements de veste et des promesses non tenues, dans le grand bain des déçus, des dégoûtés et des abstentionnistes. L’exercice est laborieux. Difficile d’effacer les trahisons qui ont jalonné, ces dernières années, les relations pourtant historiques entre les populations précaires et le camp progressiste.

« Il faut s’accrocher et, parfois, c’est dur », expliquait Jean-Luc Mélenchon à Libération. Le candidat de La France insoumise (LFI) raconte que, lors de certains porte-à-porte, des militants entendaient dans le couloir : « C’est qui ? La gauche ? Non merci, on ne vote plus pour François Hollande. » Il faut dire que l’épouvantail corrézien a eu les mains lourdes. Dans la première, il y a son bilan catastrophique marqué par la loi travail et la déchéance de nationalité. Dans l’autre, les souvenirs amers de la note publiée en 2011 par Terra Nova, le laboratoire d’idées proche du PS, qui préconisait une réorientation de la stratégie du parti à la rose loin des ouvriers, du travail et de la lutte contre le capitalisme.

« Cette note a provoqué des dégâts », constate Boris Vallaud, à la tête de l’équipe des porte-parole d’Anne Hidalgo. « Un malentendu lourd », estime-t-il poliment, qu’il « faut solder ». Et, comme pour rattraper une certaine déconnexion, cela passe d’abord par l’acculturation. « Les socialistes ont le devoir de renouer avec ce travail exigeant de compréhension de la société et particulièrement des classes populaires », écrit-il dans le dernier numéro de la revue Germinal. Le responsable de programme du parti explique que de nombreux chercheurs ont été consultés au cours des dernières années. Et les citoyens ? Et les habitants populaires des quartiers et du monde rural ? Ont-ils été à l’origine de mesures bien précises ou de la réflexion autour du programme ? Finalement, ont-ils leur place ? Certes, des propositions sont mises en avant en direction des plus pauvres, comme l’augmentation du Smic à hauteur de 15 % – que compte aussi appliquer Christiane Taubira. Et Boris Vallaud de rappeler que le programme du parti a été l’objet de consultations citoyennes. Mais les mesures, aussi bonnes soient-elles, ne suffisent plus. Venues d’en haut, elles peuvent même avoir l’effet inverse : se teinter d’électoralisme et, finalement, augmenter l’intolérance à la représentation.

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