Réfugiés ukrainiens : Ce jour où il a fallu partir…

Nadia, Katya, Yarik et les autres sont arrivés en France à bord d’un van, après un périple de plus de 1 500 kilomètres. Récit de destins bouleversés par la guerre.

Kepno, 7 h 30. Devant l’hôtel de la petite ville de 15 000 habitants dans l’ouest de la Pologne, cinq silhouettes se détachent à peine dans la pâle lumière du jour naissant. Ce sont Nadia, Yarik, Katya, Nastia et Sacha. Deux familles ukrainiennes. Elles vont être emmenées en France par deux bénévoles de l’association Soyons un exemple, Lois et Ulrich, qui sont venus les chercher en van depuis Paris.

Les traits tirés et les mines grises, le groupe prend place à l’intérieur du véhicule. Le van démarre, le silence s’installe. Yarik, le petit garçon, pose la tête sur les genoux de la femme assise à côté de lui et s’endort en quelques secondes. Les ongles peints en orange vif et les yeux maquillés de noir, celle-ci pianote frénétiquement sur son portable. Sur WhatsApp, Instagram et Viber, l’alphabet cyrillique se dessine.

Elle s’appelle Nadia, est âgée de 47 ans et vient de Znamianka, petite ville située à 300 kilomètres au sud de Kyiv. Yarik, 11 ans, est son neveu. Le fils de son frère resté en Ukraine. Cela fait maintenant sept jours qu’ils sont sur la route tous les deux. Le binôme se rend à Samois-sur-Seine (Seine-et-Marne), près de Fontainebleau, où une autre tante de Yarik, Raïssa, vit depuis 2008. La sœur de sa mère, elle aussi restée en Ukraine.

Il est un peu plus de deux heures du matin lorsque le van de Lois se gare dans le jardin de Raïssa. Elle et Nadia se saluent. Yarik, lui, reste derrière Nadia, prudent. Les deux femmes ne se sont pas souvent vues, elles se sont rencontrées pour la première fois en 2011, au mariage du frère de Nadia avec la sœur de Raïssa. Depuis, elles se sont croisées quelques fois lorsque celle-ci vient rendre visite l’été à sa famille en Ukraine.

C’est ici que Yarik habitera désormais, « au moins jusqu’à cet été ». Le petit garçon aime les figurines Pop, les maths et le karaté. Dans sa poche, il trimballe un papier soigneusement plié, résumé de sa vie nouvelle. C’est un document officiel d’un notaire ukrainien, traduit en anglais et en français, stipulant que ses parents l’autorisent à voyager avec sa tante paternelle d’abord, puis à être placé sous la tutelle de sa tante maternelle, une fois arrivé à destination.

Les parents de Yarik n’ont pas pu faire le voyage avec lui jusqu’en France. Ils vivent à Kyiv, au rythme des sirènes hurlantes.

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