Au Liban, ouvrir une brèche par les urnes

Les électeurs devraient sanctionner, dimanche, leur classe politique et tenter de faire entrer de nouvelles têtes au Parlement. Mais la vieille garde met tout en œuvre pour garder le pouvoir.

Laurent Perpigna Iban  • 11 mai 2022 abonné·es
Au Liban, ouvrir une brèche par les urnes
Un jeune garçon devant une station-service pulvérisée par l’explosion du port. En fond, une affiche des Kataëbs, un des partis chrétiens.
© Laurent Perpigna Iban

Difficile de passer à côté, tant la frénésie électorale a envahi de manière visible l’espace public. Partout dans le pays, les axes routiers sont tapissés d’affiches sur lesquelles figurent les visages de quelques-uns des 1 043 candidats qui se présentent aux législatives, ce 15 mai. Un scrutin à fort enjeu, puisque les Libanais éliront leurs 128 députés pour une durée de quatre ans.

Très coûteuse, cette pollution visuelle porte en elle un symbole suscitant un profond malaise : dans un pays où les réserves personnelles des épargnants ont été dilapidées par l’État et où une partie non négligeable de la population peine à se nourrir, les millions de dollars déboursés cette année encore par les grandes familles politiques en communication ou en services clientélistes sont à eux seuls un marqueur de l’immoralité qui règne au Liban. « C’est dégueulasse. C’est notre argent qui nous est craché à la figure par nos voleurs », commente Zeinab, une Beyrouthine de 24

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Monde
Temps de lecture : 10 minutes