Comment LFI et EELV ont surmonté leurs désaccords

La France insoumise et Europe Écologie – Les Verts ont pu passer leur accord pour les législatives en adoptant une position de compromis sur plusieurs sujets de discorde tel que le fonctionnement de l’Union européenne, la guerre en Ukraine ou les investitures en vue des législatives des 12 et 19 juin prochain.

Politis  • 2 mai 2022
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Comment LFI et EELV ont surmonté leurs désaccords
© Photo : Le cortège de l'Union Populaire croise celui d'Europe Ecologie - Les Verts lors de la manifestation du 1er mai à Paris.Michel Soudais / Politis

Le nom de l’alliance n’était pas anodin aux yeux des deux parties. Pour LFI, il s’agissait de conserver « Union populaire », la marque identifiée à la présidentielle, où son candidat Jean-Luc Mélenchon a écrasé le match à gauche avec près de 22%. Mais EELV souhaitait à tout prix que soit inclus le mot « écologique ».

Ce qu’ont longtemps refusé les Insoumis, craignant que les socialistes et les communistes demandent à leur tour la présence de leur vocable. Ils ont finalement dû céder sur ce point en choisissant le nom fleuve de « Nouvelle union populaire écologique et sociale » (NUPES).

Au-delà du nom, EELV souhaitait une « coalition » pour ne pas se fondre dans l’Union populaire, à la merci d’un Jean-Luc Mélenchon tout puissant. Les Insoumis les ont confortés avec la promesse de réunions intergroupes à l’Assemblée nationale et de la participation au « Parlement de l’Union populaire », où la stratégie est discutée en présence du leader de LFI. Les Verts ont consenti à ce que l’objectif majeur soit la désignation de M. Mélenchon à Matignon.

Exit le frexit

C’était le point de contentieux principal sur le fond. EELV craignait le profil potentiellement « frexiteur » de LFI. Mais les Insoumis ont pu s’appuyer sur l’évolution bien réelle de leur doctrine depuis 2017. Plus question de brandir un plan B de sortie de l’Union européenne en cas de blocage. LFI a concentré les discussions sur le concept de « désobéissance » aux traités sur certains points qui bloqueraient l’application du programme.

Les Verts ont bataillé pour que figurent dans l’accord l’attachement à l’idée européenne et le refus absolu d’une escalade vers la sortie de l’UE. Les deux formations ont passé le compromis autour de leur critique commune du fonctionnement actuel de l’Europe, qu’il faut « réorienter ».

Le texte stipule qu’il faut « en finir avec le cours néolibéral et productiviste de l’Union européenne », mais que « pays fondateur de l’Union européenne, la France ne peut avoir pour politique ni la sortie de l’Union, ni sa désagrégation, ni la fin de la monnaie unique ». La « désobéissance » sera possible en cas de « blocages », « en particulier économiques et budgétaires ». « Nous ne serons ni les premiers ni les derniers à le faire, en France comme en Europe », est-il précisé.

Strict minimum sur l’OTAN et l’Ukraine

Sur l’Otan et la guerre en Ukraine, qui ont opposé Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, les négociateurs s’en sont tenus à un compromis minimaliste. Une déclaration de principe pour la recherche de la paix, le respect de l’intégrité territoriale des pays et l’entame de « coopérations altermondialistes ».

Batailles législatives

La bataille a été ardue. Les écologistes ont commencé par demander 32 circonscriptions sur les 100 les plus « gagnables ». LFI a répliqué avec une proposition deux fois moindre. Ce qui a provoqué le courroux d’EELV. Finalement, le pôle écologiste (EELV mais aussi Génération écologie de Delphine Batho et Génération.s fondé par Benoît Hamon) aura en tout 100 circonscriptions environ, dont autour de 30 (plus ou moins) gagnables.

La répartition géographique de ces circonscriptions était un sujet d’accrochage. Les Verts souhaitaient les centres des villes gagnées aux municipales de 2020. Ils ont obtenu gain de cause à Bordeaux, Strasbourg ou encore à Lyon, moins dans d’autres métropoles. À Paris, ils obtiennent les 3e, 5e, 8e et 9e circonscriptions.

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