Football féministe : tacler les discriminations

Depuis une dizaine d’années, les équipes féminines amatrices se multiplient, souvent hors du cadre de la Fédération française de football, défendant l’antiracisme et les droits LGBTI.

Daphné Deschamps  • 22 juin 2022 abonné·es
Football féministe : tacler les discriminations
Au tournoi anniversaire des Dégommeuses, le 18 juin à Paris.
© Daphné Deschamps

Par un week-end de canicule historique, un soleil de plomb et des températures dépassant les 30 °C dès le matin brûlent la pelouse synthétique du stade Maryse-Hilsz, porte de Montreuil, à Paris. En dépit de l’air étouffant, des dizaines de footballeuses s’activent sur le terrain et en tribune. Ce samedi 18 juin a lieu le tournoi anniversaire d’une équipe de football emblématique à Paris : les Dégommeuses. Créé officiellement il y a dix ans, son maillot vert est bien connu des milieux féministes, lesbiens et antiracistes de la capitale. Et l’équipe creuse son trou dans un milieu hostile.

Le monde du ballon reste largement homophobe et masculin. Les sections féminines des clubs professionnels sont moins dotées, moins soutenues par les fans et moins mises en avant par les clubs, à quelques exceptions près, malgré des niveaux parfois exceptionnellement bons. En témoignent les féminines de l’Olympique lyonnais, qui ont remporté huit fois la Ligue des champions. Les joueurs professionnels « out » [ouvertement LGBT, NDLR] se comptent sur les doigts d’une main. Et la question de l’accès des personnes transgenres aux compétitions professionnelles, qui se pose quelquefois dans d’autres sports, est inexistante dans le football. Cette culture viriliste du monde professionnel transpire dans le milieu amateur : les licenciés masculins de la Fédération française de football (FFF) se comptent en millions, alors que les licenciées féminines sont à peine 200 000. Et même si la

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Société
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