Violence cash chez LCL

Les rapports d’expertise s’amoncellent : management par la terreur, humiliations, objectifs inatteignables… Après un suicide et une tentative, les salariés de la banque sont à bout.

F ermez vos gueules ! », « Vous êtes des nuls, des autistes ! » hurlait-elle dans l’open space. Valérie Deltour, ancienne directrice de LCL Mon Contact à Marseille – l’un des plus gros centres de relation client (CRC) de la banque –, a laissé un souvenir impérissable à la centaine de salariés du service. Surnommée « la reine mère » ou encore « la terreur », elle a pourtant bénéficié, jusqu’à son départ ce printemps, d’un soutien indéfectible de la direction de l’entreprise. À la suite d’une enquête interne déclenchée en octobre 2021 après la multiplication des alertes contre son management et une tension interne devenue explosive, la direction a tenté de maîtriser la situation en diluant le problème.

Laurent Fromageau, directeur adjoint de LCL en charge du réseau Retail (crédit et offre de produits de placement auprès de clientèles individuelles), est même intervenu personnellement en faveur de Valérie Deltour lors d’une réunion avec les managers locaux le 3 février. Il y annonce le déplacement de la directrice mise en cause, tout en la remerciant chaleureusement pour ses bons et loyaux services : «Sous votre action, le centre a été profondément transformé, avec la réussite que nous connaissons. Le service client a atteint un niveau de viabilité excellent, jamais atteint auparavant, avec une contribution aux résultats commerciaux de LCL en nette hausse. Vous avez d’ailleurs été primés à quatre reprises », s’enorgueillit le numéro deux.

Contactée, la direction de la communication de la banque explique qu’« en totale cohérence avec l’organisation interne de LCL », Laurent Fromageau est simplement intervenu « pour annoncer la mobilité de Mme Deltour sur une mission ponctuelle », précisant que « M. Fromageau n’a en aucun cas effectué “l’éloge” de cette collaboratrice au cours de cet échange ».

Il était reproché à certains directeurs d’agence « d’avoir un management trop humain ».

Cependant, profitant de cette intervention, dont Politis s’est procuré un enregistrement, le numéro deux de la banque a pourtant mis la pression sur les managers à propos de « la diffusion récente d’informations porteuses d’accusations graves à l’encontre de la direction. […] S’il s’avère que des maladresses ont pu être commises, je tiens à rappeler qu’en aucun cas il n’est question de discrimination, de racisme, de sexisme, d’attitudes discriminatoires relevant du harcèlement », a-t-il affirmé, ordonnant fermement à ses ouailles de « tenir [leur] rang de managers responsables ».

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