États-Unis : La Cour suprême poursuit sa croisade

Outre-Atlantique, l’heure est à la révocation des droits durement acquis par le passé.

Politis  • 6 juillet 2022
Partager :
États-Unis : La Cour suprême poursuit sa croisade
© MANDEL NGAN / AFP

En 2003, l’arrêt « Lawrence vs Texas » mettait fin à plusieurs décennies de discriminations à l’encontre des homosexuels. La Cour suprême déclarait alors la loi texane interdisant la sodomie « incompatible » avec la Constitution fédérale, dépénalisant ce faisant cette pratique sexuelle pour l’ensemble du pays – 13 États sur 50 l’interdisaient jusqu’alors, 4 visaient exclusivement les relations sexuelles entre hommes. Mais aujourd’hui, avec une Cour suprême aux mains des conservateurs, l’heure est à la révocation des droits durement acquis par le passé. Cinq jours après l’annulation de l’arrêt « Roe vs Wade » de 1973, qui garantissait le droit à l’avortement aux États-Unis, le procureur général du Texas, Ken Paxton, s’est dit favorable au rétablissement de la loi texane interdisant la sodomie pour les relations homosexuelles. « Mon travail consiste à défendre les lois de l’État, et je continuerai à le faire », a-t-il déclaré sur la chaîne d’information en continu NewsNation, le mercredi 29 juin. Il a également affirmé être disposé à interdire le mariage homosexuel. Pour ce faire, il n’attend plus que le feu vert de la Cour suprême. Cour dans laquelle siège le conservateur Clarence Thomas, qui a d’ores et déjà annoncé son intention de « revoir toutes les jurisprudences » relatives aux questions de vie privée : l’affaire « Lawrence vs Texas », mais aussi « Griswold vs Connecticut », qui a légalisé l’achat de contraceptifs en 1965, ou encore « Obergefell vs Hodges », qui légalisait le mariage homosexuel en 2015. L’objectif de Clarence Thomas : « corriger les erreurs » passées de la Cour suprême.

Monde
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Prisonniers syriens en Israël : « Nous voulons savoir où sont nos enfants »
Reportage 17 juillet 2026 abonné·es

Prisonniers syriens en Israël : « Nous voulons savoir où sont nos enfants »

Quarante-sept Syriens seraient aujourd’hui détenus dans des prisons israéliennes. Dans les villages du sud de la Syrie, les familles tentent de localiser un fils, un mari ou un père dont elles sont sans nouvelles depuis parfois plusieurs mois.
Par Pauline Vacher et Charles Cuau
« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »
Entretien 10 juillet 2026 abonné·es

« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »

David Yambio, fondateur de Refugees in Libya se dit « hanté » par le silence des Européens après que les députés européens ont adopté le règlement « Retour ». Il explique qu’en Libye, les politiques de l’Union européenne retiennent des milliers de personnes prisonnières et les condamnent à mort.
Par Pauline Migevant
Guyane : la guerre à l’orpaillage illégal est déclarée
Enquête 9 juillet 2026 abonné·es

Guyane : la guerre à l’orpaillage illégal est déclarée

À la frontière avec le Brésil, les habitants de Camopi vivent depuis des décennies sous l’emprise des chercheurs d’or clandestins. Alors que l’État revendique des opérations militaires régulières, les autorités coutumières dénoncent une protection insuffisante.
Par Tristan Dereuddre
Ghassan Abu Sittah : « Nous soignons aujourd’hui des enfants de trois guerres différentes »
Entretien 7 juillet 2026 abonné·es

Ghassan Abu Sittah : « Nous soignons aujourd’hui des enfants de trois guerres différentes »

Depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël en mars, 4 319 Libanais ont été tués et 12 000 blessés. Le chirurgien britannique Ghassan Abu Sittah, d’origine palestinienne, revient sur les conséquences de la guerre au Liban et dresse un parallèle avec l’enclave de Gaza.
Par Hugo Lautissier