Guerre en Ukraine : Poutine en mauvaise posture

De la contre-attaque ukranienne autour de Kharkiv à la lassitude de l’opinion publique russe, les revers s’accumulent pour le chef du Kremlin, de plus en plus contesté.

Politis  • 20 septembre 2022
Partager :
Guerre en Ukraine : Poutine en mauvaise posture
© Les autorités ukrainiennes exhument des cadavres à Izioum, après le retrait des forces russes de l'oblast de Kharkiv, le 19 septembre 2022. (Photo : STRINGER / ANADOLU AGENCY / ANADOLU AGENCY VIA AFP.)

Depuis leur contre-attaque du 6 septembre, les forces ukrainiennes ont reconquis plus de 3 000 kilomètres carrés autour de Kharkiv et au nord-ouest de la Crimée annexée. Cette progression s’accompagne de la découverte des atrocités commises par l’armée d’occupation russe, notamment d’une fosse commune où gisent environ 450 cadavres, près de la ville d’Izioum.

Alors que des dizaines de milliers de soldats russes sont morts sur le front, l’enrôlement de nouveaux combattants volontaires, malgré des soldes mirobolantes, suscite peu d’engouement. Aussi l’armée et les groupes de mercenaires comme Wagner recrutent-ils désormais dans les prisons et les colonies pénitentiaires en promettant des remises de peine aux détenus.

Si l’information du charnier d’Izioum n’a certainement pas filtré en Russie, ni le recul du front, ni les scènes de débandade, pas plus que l’ampleur des pertes humaines, l’opinion publique semble néanmoins se lasser de l’« opération militaire spéciale en Ukraine », censée au départ ne durer que trois jours… puis quelques semaines.

Prudence chinoise

À tel point que des élus locaux de Saint-Pétersbourg et Moscou ont, avec courage, adressé à la Douma (chambre basse du Parlement) et à Vladimir Poutine lui-même des missives lui enjoignant de quitter le pouvoir, considérant qu’il avait failli à sa mission de protéger le pays, son peuple et son économie. Ces initiatives, non sans risques pour leurs auteurs, pourtant très liés au pouvoir, laissent supposer un fort sentiment de défiance à l’égard du Kremlin, jusque dans certains cercles nationalistes d’ordinaire indéfectibles.

Ces signes ne font évidemment pas renoncer Poutine qui, face aux sanctions économiques occidentales, essaie de rassembler ses alliés potentiels. Mais le président chinois, Xi Jinping, tentant de se poser en leader du camp anti-occidental, est resté extrêmement prudent lors de leur rencontre en Ouzbékistan, le 16 septembre. Non sans imposer ses propres conditions économiques dans ses échanges avec une Russie contrainte de s’y soumettre. Poutine, en mauvaise posture ?

Monde
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Trump et Netanyahou, un même mépris pour le peuple iranien
Analyse 3 mars 2026

Trump et Netanyahou, un même mépris pour le peuple iranien

Les deux dirigeants alliés dans leur attaque massive de l’Iran poursuivent en réalité des objectifs différents : négocier l’abandon du programme nucléaire et les prix du pétrole pour le président américain, tandis que le premier ministre israélien souhaite élargir l’hégémonie de son pays au Moyen-Orient.
Par Denis Sieffert
Au Liban, la communauté chiite forcée de subir une nouvelle guerre
Reportage 3 mars 2026 abonné·es

Au Liban, la communauté chiite forcée de subir une nouvelle guerre

Après des tirs de roquettes du Hezbollah sur Israël en soutien à la République islamique d’Iran, la riposte sanglante de l’armée de l’État hébreu contraint plus de 30 000 Libanais à de nouveaux déplacements.
Par Zeina Kovacs
Iran : « Si on sort dans la rue pour manifester, on sera tués d’une balle dans la tête »
Témoignages 3 mars 2026 abonné·es

Iran : « Si on sort dans la rue pour manifester, on sera tués d’une balle dans la tête »

Dès les premières heures de l’offensive lancée par les États-Unis et Israël, les autorités iraniennes ont instauré un nouveau black-out des communications. Malgré tout, quelques voix réussissent à s’échapper grâce aux rares liaisons satellites et témoignent.
Par Céline Martelet
En Iran, au milieu des bombes, une école de jeunes filles réduite en poussière
Monde 2 mars 2026 abonné·es

En Iran, au milieu des bombes, une école de jeunes filles réduite en poussière

Une frappe contre une école primaire dans le sud de l’Iran aurait fait plus de 168 morts au premier jour des bombardements. Téhéran accuse les États-Unis et Israël d’un « crime qui ne restera pas impuni ».
Par Maxime Sirvins