À Callac, « ce n’est pas du racisme, mais… »

Dans les Côtes-d’Armor, un projet d’accueil de réfugiés suscite l’opposition farouche d’habitants liés à l’extrême droite. Les tenants du vivre-ensemble contre-attaquent.

Chloé Richard  • 2 novembre 2022 abonné·es
À Callac, « ce n’est pas du racisme, mais… »
© Photo : Chloé Richard.

Depuis plusieurs semaines déjà, la petite ville bretonne de Callac (Côtes-d’Armor) fait face à une vive opposition concernant un projet inédit d’accueil de réfugiés, « Horizon ». Outre les menaces de mort à l’encontre du maire, Jean-Yves Rolland, des tags et des pétitions hostiles au projet ont vu le jour. Et pour la deuxième fois en moins de deux mois, deux manifestations vont se tenir en même temps, samedi 5 novembre, dans les rues de Callac : l’une réunira les opposants au projet tandis que l’autre rassemblera ses partisans.

Porté par le Fonds de dotation Merci et la municipalité, Horizon est une initiative pilote qui prévoit d’accueillir des familles de réfugiés dans cette ville de 2 200 habitants du Centre-Bretagne, située à une vingtaine de kilomètres de Guingamp et de Carhaix. La commune a été sélectionnée parmi une dizaine d’autres pour « sa volonté politique forte », indique Merci, mais aussi pour son accessibilité et son attractivité en raison des infrastructures déjà existantes.

Elle a été retenue également pour ses « opportunités économiques ». Ce projet permettrait de redynamiser la ville et de pourvoir plus de soixante-dix postes vacants « dans les secteurs de la santé, du commerce, de l’artisanat et de l’agriculture », selon Jean-Yves Rolland, cité dans Le Télégramme du 23 septembre. Mais Horizon fait face à une vive opposition qui tend à se structurer.

Manif et contre-manif

Catherine Blein et Danielle Le Men, respectivement présidente et vice-présidente de l’association Les Amis de Callac – qui a vu le jour pour s’opposer à Horizon –, ne voient pas ce projet d’un bon œil : « Ce n’est pas du racisme, on pointe seulement du doigt le fait qu’un certain nombre de réfugiés vont arriver ici. On ne nous explique rien, c’est un projet démesuré », s’exclame Catherine Blein.

La retraitée, qui est aujourd’hui adhérente de Reconquête !, est une ancienne élue du Front national. Entre 2015 et 2021, elle a été conseillère régionale en Bretagne, mais exclue en 2017 du FN pour des propos islamophobes et homophobes. « Le maire n’a pas été élu sur ce programme, il doit consulter sa population », renchérit Danielle Le Men, institutrice à la retraite.

Les Amis de Callac appellent donc au retrait du projet ou à la tenue d’un référendum pour décider de la naissance ou non de cette structure d’accueil pour réfugiés. Un argument de façade car, ce qui semble surtout inquiéter les deux retraitées, « c’est de voir le

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