« Anima (Ex) Musica », le bestiaire chimérique
Transformant des instruments de musique usagés en mouvantes sculptures animalières, le très singulier projet Anima (Ex) Musica se déploie avec une douce irrévérence poétique à travers le prestigieux Musée de la musique.
dans l’hebdo N° 1781 Acheter ce numéro

© Gil Lefauconnier
Tout a commencé par un scarabée, plus exactement un lucane cerf-volant. Constitué avec des fragments de deux pianos droits et rendu beaucoup plus grand que nature, cet insecte hors normes a pris forme en 2013. Il a été suivi en 2014 par une sauterelle XXL faite d’éléments provenant de deux pianos. C’est à partir de là que le projet Anima (Ex) Musica, porté par le collectif Tout reste à faire, s’est véritablement enclenché. Le principe : redonner vie à des instruments de musique hors d’usage sous la forme d’installations sculpturales et sonores inspirées d’animaux de l’embranchement des arthropodes (insectes, arachnides).
Enrichi au fur et à mesure, ce bestiaire chimérique compte actuellement seize créatures, d’une punaise à une cigale en passant par un doryphore, une néphile (araignée) ou une scolopendre – la plus imposante de la bande, riche d’une vingtaine de paires de pattes. Si les deux premières sont silencieuses et immobiles, les suivantes bougent – via de légers mouvements, vibratoires ou ondulatoires – et diffusent des compositions musicales qui se déclenchent lorsqu’on s’en approche.
Instigateur du projet, le graphiste et plasticien Mathieu Desailly conçoit et dessine chaque création. Avec autant d’ingéniosité que de dextérité, le scénographe et constructeur Vincent Gadras se charge ensuite de la réalisation et de l’animation. Enfin, le très éclectique musicien David Chalmin signe une partition spécifiquement adaptée dont l’orchestration fait écho aux instruments utilisés pour la fabrication.
Ce qui importe, c’est le plaisir de fabriquer, de prendre le temps de faire la chose la plus belle ou
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