­À la Maison des métallos, des mineurs isolés se mobilisent pour leurs droits

Depuis le 6 avril, des mineurs isolés du collectif des jeunes du parc de Belleville ont décidé d’occuper ce lieu parisien symbolique des luttes sociales, pour dénoncer leur situation, davantage fragilisée par l’arrivée des Jeux olympiques.

Léa Lebastard  • 18 avril 2024 abonné·es
­À la Maison des métallos, des mineurs isolés se mobilisent pour leurs droits
La conférence de presse du collectif, tenue ce 18 avril à la Maison des métallos, à Paris.
© Léa Lebastard

« Moi, j’ai risqué ma vie pour venir en France, j’ai traversé la Méditerranée. Au final, c’est de la merde, oui je peux le dire. » Mame Thierno, un Guinéen membre du collectif des jeunes du parc de Belleville, arrivé il y a six mois, s'indigne. « Nos conditions de vie sont inacceptables, donc avec le collectif, on a jugé nécessaire d’occuper la Maison des métallos », ajoute-t-il. « Tous les jeunes présents ont déjà fait une demande de reconnaissance de mineurs isolés, et tous ont été refusés, s’exaspère Jeanne, un de leurs soutiens. Ils attendent depuis des mois leur réponse à leurs recours, en errant dans les rues de Paris sans aucune prise en charge. »

Avant le collectif, je dormais sous les ponts.

S. Salah

Dans ce lieu du 11e arrondissement parisien, symbole des plus grandes luttes sociales, il y a plusieurs salles : pour manger, dormir et se réunir. « Ça fait trois mois que je suis en France, je n’ai aucune famille alors maintenant, je suis avec le collectif sinon je dois dormir dehors », se désole Mamou, un jeune logé grâce au collectif. Une situation similaire à celle de Sidibé Salah, un ivoirien arrivé en février : « Avant que le collectif vienne jusqu’à moi, je dormais sous les ponts, c'est eux qui ont fait pression pour qu’on puisse dormir dans des gymnases. »

"Le droit à une vie digne"

Les jeunes peuvent entrer et sortir librement, il y a environ cent mineurs isolés qui dorment chaque nuit dans ce lieu. « Ici, les non hébergés peuvent rester la nuit, mais la plupart

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 9 minutes

Pour aller plus loin…

Agriculture responsable : que peuvent les petites communes ?
Reportage 19 février 2026 abonné·es

Agriculture responsable : que peuvent les petites communes ?

Certaines collectivités tentent de se réapproprier la politique agricole à l’échelle communale. Pour lutter contre la disparition des petites fermes, et favoriser une alimentation bio et locale.
Par Vanina Delmas
Enquête, extrême droite, impacts politiques après la mort de Quentin Deranque : nos réponses
Direct 19 février 2026

Enquête, extrême droite, impacts politiques après la mort de Quentin Deranque : nos réponses

Après la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, suite à une rixe avec des antifascistes à Lyon le 14 février, posez vos questions à la rédaction de Politis. Instrumentalisation de l’extrême droite, isolement de la France insoumise, banalisation du fascisme : les réactions après « l’homicide volontaire », selon les termes du procureur de Lyon, ont souligné un véritable séisme politique.
Par Politis
La criminalisation de l’antifascisme inquiète les soutiens de Zaid et Gino, menacés d’extradition
Justice 19 février 2026 abonné·es

La criminalisation de l’antifascisme inquiète les soutiens de Zaid et Gino, menacés d’extradition

La cour d’appel de Paris devait se prononcer le 18 février sur l’extradition de deux militants antifas poursuivis dans l’affaire de Budapest. Si l’audience a été renvoyée au 18 mars, l’inquiétude liée au contexte politique français depuis le meurtre de Quentin Deranque à Lyon, s’est fait ressentir parmi les soutiens.
Par Pauline Migevant
« Les groupes antifascistes se sont toujours constitués en réaction à la violence de l’extrême droite »
Entretien 19 février 2026 abonné·es

« Les groupes antifascistes se sont toujours constitués en réaction à la violence de l’extrême droite »

Un militant du collectif antifasciste La Horde analyse la manière dont les groupes qui luttent contre l’extrême droite sont désignés comme des ennemis de l’intérieur, alors que des personnes militant à la Jeune Garde ont été interpellées suite à la mort de Quentin Deranque.
Par Olivier Doubre