Cowboy Beyoncé
Avec son nouvel album, Cowboy Carter, l’artiste américaine flirte avec la country et apporte sa pierre aux débats sur les constructions raciales des musiques populaires.
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© Amy Sussman / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
En 1989, le film de Spike Lee Do the Right Thing s’ouvre par un ballet effréné : Rosie Perez danse dans les rues de Brooklyn au son du « Fight the Power » de Public Enemy. Hymne contre l’oppression des Noirs, le titre s’en prend violemment à deux stars de l’entertainment américain : Elvis Presley « héros pour beaucoup, mais lambda » pour les rappeurs, et John Wayne, que Flavor Flav prend plaisir à envoyer paître.
Beyoncé, artiste texane, a-t-elle le droit d’être une chanteuse de country ?
Presley, John Wayne, les artistes choisis par Public Enemy sont hautement symboliques : d’un côté un rockeur qui n’a cessé de s’inspirer du blues, de l’autre un cowboy, emblème de cette tradition du western qui longtemps a peiné à accorder une place à des personnages africains-américains. Public Enemy se bat contre le pouvoir, clame sa négritude et l’apport de son peuple à l’histoire américaine « parce que je suis noir et que je suis fier ».
Dépasser et déconstruireTrente-cinq ans plus tard, lorsque Beyoncé publie son nouveau disque, Cowboy Carter, la musicienne
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