« No Fear of the Dark », des ténèbres à la lumière
Le sociologue et philosophe Hartmut Rosa propose une analyse singulière du heavy metal comme musique existentielle.
dans l’hebdo N° 1807 Acheter ce numéro

© YURI CORTEZ / AFP
Imaginez. Adolescent, vous avez été amateur d’une musique qui n’a pas toujours bonne presse – c’est le moins qu’on puisse dire : le hard rock, dont est issu le heavy metal vers la fin des années 1970. Autrement dit Led Zeppelin, Black Sabbath, Aerosmith, rejoints par Iron Maiden, Judas Priest, Motörhead et Metallica. En prenant de l’âge, votre amour pour cette musique ne s’est pas éteint, mais il est apparu de plus en plus incongru d’avouer votre inclination pour elle, et encore davantage de tenter de la faire partager. Affaire de « distinction », dirait Bourdieu. La plupart du temps, vous l’écoutez seul, au casque, non pas honteusement, mais sans en faire l’article.
Mais voilà que paraît aujourd’hui un livre qui vient redistribuer les cartes. Un essai aussi singulier qu’étonnant : No Fear of the Dark, avec pour sous-titre « une sociologie du heavy metal », signé par un auteur académiquement établi, professeur à l’université Friedrich-Schiller de Iéna, en Allemagne, et directeur du Max-Weber-Kolleg à Erfurt : Hartmut Rosa.
Celui-ci n’est pas le premier universitaire à écrire sur le sujet. On peut citer l’ouvrage du sociologue français Fabien Hein, qui a publié en 2004 Hard rock, heavy metal, metal. Histoire, cultures et pratiquants (éditions Mélanie Seteun). Mais Hartmut Rosa est un intellectuel internationalement connu et reconnu. Plusieurs de ses livres sont traduits en français, dont les
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