« L’Enfer sur Terre », entre fictions et réalités
Mohamed Magassa et Nicolas Pellion analysent avec force et précision dix ans de rap américain.
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© FADEL / AFP
Kanye West, Kendrick Lamar, 21 Savage, Lil Wayne… Ils sont tous au cœur de L’Enfer sur Terre, livre que Mohamed Magassa et Nicolas Pellion consacrent au rap des années 2010. Toutefois, au-delà de ces artistes sur lesquels beaucoup a déjà été écrit, le texte revient sur de nombreux rappeurs plus confidentiels qu’on ne peut qu’avoir envie de découvrir. Avant même son propos, c’est d’abord ça, la grande force du livre : il donne envie d’écouter de la musique et de se familiariser avec tous les styles de rap qui y sont évoqués.
Au cœur du texte, deux réflexions. D’abord, il est question pour les auteurs d’élaborer une géographie du rap des années 2010. Depuis le blues du delta du Mississippi, la musique noire américaine est grandement structurée par sa localisation. Il y a Motown à Détroit, Stax à Memphis. Il y a la Philadelphia Soul et le Minneapolis Sound. Chacune de ces mouvances s’appuie sur des réseaux de musiciens, sur les lieux où l’on peut jouer et répéter, sur un héritage musical local. Dans le rap, les auteurs observent cette même logique et proposent donc un voyage de New York à Washington, de Détroit à Flint, de La Nouvelle-Orléans au Texas, pour finir en Californie, à Los Angeles et dans la région de San Francisco.
Idées entêtantesDans chacun de ces lieux, Mohamed Magassa et Nicolas
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