Marcel Pagnol, un regain d’humanité

Dix films de Marcel Pagnol ressortent en copie restaurée à l’occasion du cinquantième anniversaire de sa mort.

Christophe Kantcheff  • 23 juillet 2024 abonné·es
Marcel Pagnol, un regain d’humanité
© 7e Art / Les Films Marcel Pagnol / Photo12 / AFP

Pagnol pétainiste ? Cette accusation a longtemps prospéré, notamment à gauche. Par exemple, une recherche sur internet avec ces deux mots, « Pagnol pétainiste », donne pour première occurrence un article des années 1980 du Monde diplomatique au titre nuancé, « Tentations fascistes » (sic), et aux informations erronées et calomnieuses.

Une scène de La Fille du puisatier sert d’appui à ces dires. La plupart des personnages du film sont réunis devant un poste de radio, écoutant en silence le discours prononcé le 17 juin 1940 par le maréchal Pétain annonçant l’armistice. Ainsi isolée, l’image peut troubler. Mais que se passe-t-il ensuite ? On s’interroge sur la signification des morts de l’armée française défaite. Et un personnage de lancer : « Ils n’ont pas sauvé la France mais ils l’ont prouvé : les morts des batailles perdues sont les raisons de vivre des vaincus. » L’occupant ne s’y est pas trompé : il a interdit le film, jusqu’à ce que Pagnol cède et retire cette scène.

La Fille du puisatier, dont le tournage commença en mai 1940, fut interrompu puis reprit en août, Pagnol y intégrant donc des éléments de la déflagration historique que la France venait de vivre, fait partie des films qui ressortent en copie restaurée, avec la trilogie Marius (1931), Fanny (1932), César (1936) ; Angèle (1934) ; Regain (1937) ; Le Schpountz

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Cinéma
Temps de lecture : 4 minutes