« En fanfare » : deux frères sans bémol
Un film d’auteur populaire qui traite avec subtilité des déterminismes sociaux.
dans l’hebdo N° 1838 Acheter ce numéro

© Agat Films / Unifrance
Identifions d’abord de quelle catégorie relève le film dont il est question ici. En fanfare n’a pas de stars, même si les deux rôles principaux sont tenus par des comédiens bénéficiant désormais d’une notoriété certaine, Benjamin Lavernhe et Pierre Lottin. Il est produit par Agat films (ayant notamment à son catalogue Patricia Mazuy, Sébastien Lifshitz ou Robert Guédiguian) et est doté d’un budget moyen, 6 millions d’euros. Enfin, il est signé Emmanuel Courcol, également scénariste, réalisateur d’Un triomphe, son film précédent, qui racontait avec humour l’éveil de détenus au théâtre de Beckett. Autant d’indices convergents pour affirmer qu’En fanfare relève du cinéma d’auteur.
Allons plus loin : il s’agit d’un cinéma d’auteur populaire. Les termes paraissent antinomiques à certain·es, décidé·es à circonscrire le cinéma d’auteur dans la case « élitiste ». Laissons-les à leur vision étroite. Le cinéma qui nous passionne est d’une diversité esthétique réjouissante. Il va de Direct Action, à la radicalité formelle, à En fanfare, de facture classique.
Chef d’orchestre et compositeur de renommée mondiale, Thibaut (Benjamin Lavernhe), atteint d’une leucémie, doit recevoir une greffe de moelle épinière compatible. Il découvre alors qu’il a été adopté par la famille bourgeoise qui l’a élevé et, par la même occasion, qu’il a un frère. Celui-ci se nomme Jimmy (Pierre Lottin), vit dans le Nord et est tromboniste au sein de la fanfare de son village, l’Union musicale des mineurs de Walincourt.
L’alliance des contraires ? Voilà un thème rebattu au cinéma, en particulier dans la comédie. Mais Emmanuel Courcol le traite avec subtilité et originalité, et un plaisir manifeste à déjouer les clichés. Par
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