20 000 personnes expulsées : l’amer bilan social des Jeux 2024 de Paris

Le collectif Le Revers de la médaille publie un rapport documentant la situation des personnes à la rue ou en habitat précaire avant, pendant et après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris. Il met en lumière le nettoyage social que la capitale a subi, qui continue.

Élise Leclercq  • 5 novembre 2024 abonné·es
20 000 personnes expulsées : l’amer bilan social des Jeux 2024 de Paris
© Luca Dugaro / Unsplash

20 000. C’est le nombre de personnes expulsées, que le collectif Le revers de la médaille a affiché sur la Tour Eiffel, dimanche 3 novembre, au cours de sa dernière action. Le collectif est né à l'initiative de Médecins du monde et rassemble une centaine d’associations comme Utopia 56, la Cimade ou encore le collectif Les morts de la rue.

19 526 personnes ont ainsi été déplacées pour accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP). Des personnes en situation de précarité qu’il fallait invisibiliser, jugées "indésirables". Maintenant que la fête est finie, l’heure est au bilan, dans un rapport qui vient d'être publié, et le constat est amer.

Des expulsions sans diagnostic social

Cet "effet JO", Thomas Dufermont, chargé de mission à Romeurope et coordinateur de l’Observatoire des expulsions, l’a remarqué, chiffre à l’appui. Augmentation du nombre de personnes expulsées de près de 33 % par rapport à l’année 2021-2022, mais aussi dégradation de la mise en œuvre de ces évacuations. Selon le rapport, deux tiers des expulsions sur les lieux de vie informels se déroulaient sans diagnostic social préalable. Pourtant, depuis l’instruction ministérielle du 25 janvier 2018 encadrant la résorption "des campements illicites et des bidonvilles", ces diagnostics sont censés être systématiques.

Dans 64 % des cas, aucune solution d'hébergement n’était proposée, selon le collectif. Pour le reste, les personnes se voyaient contraintes de retourner à la rue, dans une encore plus grande précarité. Les fondements légaux de ces procédures d’expulsions, comme les arrêtés

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 4 minutes

Pour aller plus loin…

Minute de silence pour Quentin Deranque : « Une ligne rouge a été franchie »
Polémique 25 février 2026 abonné·es

Minute de silence pour Quentin Deranque : « Une ligne rouge a été franchie »

Offusqué·es par la minute de silence observée à l’Assemblée nationale pour Quentin Deranque, y compris à gauche, plusieurs citoyen·nes ont écrit à leur député·e pour l’interpeller.
Par Pauline Migevant
Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique
Analyse 25 février 2026

Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Face à la tentation de renvoyer dos à dos « les extrêmes », aux fractures internes et aux ambiguïtés stratégiques, une question traverse le débat public : en brouillant les repères de son combat historique contre l’extrême droite, la gauche ne risque-t-elle pas de s’égarer elle-même ?
Par Pierre Jacquemain
Municipales 2026 : à Cayenne, l’enjeu sécuritaire dépasse la campagne
Reportage 24 février 2026 abonné·es

Municipales 2026 : à Cayenne, l’enjeu sécuritaire dépasse la campagne

Alors que la campagne des élections municipales débute officiellement dans quelques jours, le thème de la sécurité s’impose comme l’une des priorités des Cayennais. Neuf ans après le mouvement social historique de 2017, l’insécurité continue de structurer le débat public et de façonner les programmes des candidats.
Par Tristan Dereuddre
Au quartier pour mineurs de la prison de Metz, « sans liberté, on fait comme on peut »
Reportage 20 février 2026 abonné·es

Au quartier pour mineurs de la prison de Metz, « sans liberté, on fait comme on peut »

Au quartier pour mineurs du centre pénitentiaire de la ville de Moselle, si les surveillants sont en jogging et les jeunes ne sont plus envoyés au quartier disciplinaire, ces mesures n’ont pas fait disparaître le contrôle et l’isolement, intrinsèques à l’enfermement.
Par Pauline Migevant