« Écouter les victimes, c’est une responsabilité humaine immense »

Marine Longuet est assistante de réalisation et formée pour être référente harcèlement. Elle est aussi membre élue au conseil d’administration du collectif 50/50. Cette association, créée en 2020, lutte contre les inégalités, les discriminations et les violences sexistes et sexuelles dans le cinéma.

Hugo Boursier  • 27 novembre 2024 abonné·es
« Écouter les victimes, c’est une responsabilité humaine immense »
© Sandrine Laure Dippa / Hans Lucas / AFP

Où en sommes-nous des annonces du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) destinées à lutter contre les violences sexistes et sexuelles ?

Marine Longuet (1) : Le premier volet a été présenté en 2021. Depuis cette date, pour obtenir des fonds du CNC, les producteurs doivent suivre une formation qui leur rappelle leur responsabilité en tant qu’employeur. Le deuxième volet concerne la formation obligatoire des équipes. Elle doit être mise en place au printemps 2025. Depuis trois ans, toute personne ayant le statut d’intermittent a le droit à une formation gratuite d’un à trois jours pour revenir sur les définitions des violences sexuelles, les rapports hiérarchiques, le repérage de situations problématiques et la manière dont on peut alerter.

Qui se présente à ces formations suivies sur la base du volontariat ?

Ce sont majoritairement des femmes, dont beaucoup sont issues des fonctions les moins qualifiées. Comme les régisseuses, qui sont souvent au contact de l’acteur, avec les équipes de l’habillage, du maquillage et de la coiffure. Ces personnes peuvent être victimes de plusieurs dominations : économiques, liées au genre ou encore à la sexualité supposée. Elles sont régulièrement dévalorisées alors que leurs compétences sont centrales dans la construction d’un film.

C’est à l’image de la société : bien qu’essentiels, les métiers dits féminins sont déconsidérés. La participation de ces femmes à la formation illustre une forme de lutte des classes au sein du cinéma. Un combat porté par des personnes occupant les fonctions les moins reconnues, avec l’objectif de faire cesser la reproduction des violences.

Aujourd’hui, dans le milieu du cinéma, les questions de violences sont dans toutes les têtes.

Que peut changer la formation obligatoire ?

Elle peut participer à changer les habitudes de travail. Une partie de cette formation,

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Publié dans le dossier
Gérard Darmon : neuf femmes accusent
Temps de lecture : 5 minutes