« La Grande Accumulation », chansons de traviole
L’intrépide binôme franco-turc réunissant Marie Klock et Anadol publie son premier album, La Grande Accumulation, joyau de pop synthétique rêveuse et frondeuse.
dans l’hebdo N° 1840 Acheter ce numéro

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Résolument anticonformiste, Marie Klock – qui jongle entre chant, claviers et boîtes à rythmes – malmène le format chanson avec une audace vivifiante, en particulier au niveau des paroles, sans fard et sans tabou. Pour préciser un peu, disons qu’elle semble s’abreuver à la (Brigitte) Fontaine la plus torrentueuse ou qu’elle évoque une cousine féminine sous amphétamines de Philippe Katerine.
Officiant en parallèle comme journaliste culture (pour Libération, surtout sur la musique et la BD), elle accomplit depuis 2015 un parcours musical erratique et fier de l’être. Son premier album solo, Marie Klock (2020), dont elle a dessiné la croquignolette pochette (fortement déconseillée aux rétines farouches), éjecte ainsi un chapelet de délectables comptines délurées – voire déglinguées – telles que « Un sexe grand comme le ciel », « Crise d’angoisse à la foire aux synthés » et « Allô papa ».
En mars 2024, elle a sorti Damien est vivant, deuxième album solo, à la pochette et au contenu tout aussi iconoclastes, drolatique objet cathartique réalisé après la mort du poète et performeur Damien Schultz, un ami très proche. Elle termine l’année en publiant un nouvel album, La Grande Accumulation, élaboré en binôme avec la musicienne turque Anadol (Gözen Atila dans le civil).
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